jeudi 17 novembre 2016

De shanghai à Tokyo, côté japonais

Le vol se passe sans encombre, mais aussi sans intérêt. J'essaye vaguement de dormir, Daniel regarde Le roi singe, un animé autour d'un personnage célèbre de la littérature chinoise classique.

Comme sur le trajet Paris-Shanghai, les plateaux repas qu'on a commandé (végétarien et végétalien) sont bons et équilibrés. Un bon point pour Air China! En plus de la deuxième valise en soute par personne qui nous a permis d'embarquer 80 kilos de bagages.

Alors qu'on arrive sur Tokyo, le Japon est recouvert d'un tapis uniforme de nuages, qui ne laisse rien voir du paysage, à part... le haut du Mont Fuji!

Vision magique au coucher de soleil et alors que s'allument les premières étoiles.
Sisi, le petit point noir, à l'extrémité du jaune, c'est Fuji-san!
 Le temps d'un petit détour aux toilettes en arrivant (ma première rencontre avec un washlet, que je n'ai pas osé tester), le reste de l'avion a déjà passé l'immigration quand on arrive. Heu, on est tombés dans un trou temporel? Pas du tout, mais la suite des évenements va nous donner notre explication. En moins de 5 minutes, je suis dument visée, photographiée et vérifiée des empreintes digitales. Tandis que Daniel attend l'impression de sa résident card, je me dirige vers le tapis à bagages, pour attendre qu'ils arrivent. Une jeune femme me prend mes tickets bagages et me dirige immédiatement vers nos valises, déjà sorties et empilées dans un coin. Le temps d'aller chercher un chariot et de les empiler dessus et Daniel a lui aussi passé l'immigration. On se retrouve donc à entrer dans le hall des arrivées moins de 15minutes après notre prise en charge! Je n'ai jamais vu ça.

Je vais échanger mon reçu contre mon JR pass, précieux sésame (à 500€ tout de même) qui me permettra de voyager sur toutes les lignes JR ou presque sans frais supplémentaires durant les trois semaines de nos vacances, et auquel j'ai droit en tant que visiteuse court terme. Daniel en a profité pour reperer et imprimer à une borne tout exprès le trajet idéal pour nous rendre en ville, et nous descendons les escaliers mécaniques avec notre chariot à bagage, parce qu'ils ont été conçus pour. Dans le Skyliner qui nous emmène au coeur de Tokyo, on se fait virer des places où nous nous étions posés et prenons ainsi contact pour la première fois avec les places réservées qui existent dans tous les trains grande vitesse, même si, comme celui-ci, ils ont l'air d'un metro. Ok, plutôt impressionnant comme premier contact avec l'efficacité et l'ergonomie nippones!

En revanche, le changement de métro à Shibuya est un enfer. Il est 19h, on est en pleine rush hour et il y a 4 escaliers de suite à descendre, sans l'ombre d'un escalator ou ascenceur! J'ai mon gros sac à dos, mon petit sur le ventre et ma valise à roulettes à la main, Daniel pareil, près de 85 kilos de bagages à nous deux avec nos petits sacs... Je prend toute la place, j'ai hyper mal à la main, je trébuche sur ma valise et manque me gameler, entrainée par son poids... SU-PER. Quelle idée à la con aussi de prendre tant de bagages! Je m'arrêterais bien là, en haut de la dernière volée de marche (et encore, heureusement, on ne les monte pas) mais ça ne fera pas beaucoup avancer le shmilblick. Alors je continue de pester à l'intérieur (et pas que !) et je descends en serrant les dents.

Premiere occurence de ce qui nous fera souvent rire :
l'amour des japonais pour les marques utilisant des mots français, même complètement à côté de la plaque. Ici, on ne vous vend pas une lessive mais des produits pour le corps!
A notre arrivée à Gakugei-daigaku, nous sommes attendus par Yuko, une amie artiste de Mika (une japonaise que Myriam, la soeur de Daniel, a rencontré il y a plus de 15 ans, qui connait aussi Daniel depuis tout ce temps, et qui a tout fait pour nous faciliter l'arrivée). Nous lui confions nos valises pour les trois semaines à venir, plus tout ce dont nous n'avons pas besoin (ou en tout cas une bonne partie). Vu la petitesse de son chez elle, on est tout désolés de l'encombrer avec nos affaires, mais elle a l'air tellement ravi de nous aider qu'on déculpabilise vite!

Et c'est repartiiii. Nous avons décidé de quitter Tokyo dès demain pour aller passer quelques jours chez Mika, ce qui nous permet d'aborder le japon par ses petites villes, et des japonais qui parlent anglais. Du coup, Daniel nous a dégoté un airbnb low cost tout près de la gare de laquelle nous partirons demain matin, et de Tsukiji, le mythique marché au poisson de Tokyo! Avant d'aller nous régaler de sushis, nous passons donc déposer nos bagages dans ce qui est, comme indiqué dans l'annonce, ni plus ni moins qu'un open space de bureaux transformés en chambres doubles, avec des cloisons en contreplaqué montant à 2m, pour un plafond à 2m50, et des lits formés d'un maigre futon sur un cadre en bois. Mais c'est vraiment donné, les douches sont propres, les serviettes sont fournies... (l'adresse, au cas où https://www.airbnb.fr/rooms/9932675).
Je vais avoir tout de même tellement de mal à dormir entre la dureté de la planche sur laquelle je suis couchée et la lumière omniprésente dans l'open space, bien que tamisée, que j'aurais recours à un somnifère.

Mais avant ça, nous allons diner, à 23h, dans un restaurant de sushis ouvert 24h/24, aux abords de Tsukiji. Les morceaux de poisson sont énormes et incroyablement frais, on se régale et on se dit, pour la première fois mais certainement pas la dernière, qu'il sera bien difficile de re-manger japonais à notre retour en France.