13 Novembre
Ce jour-là, sur les conseils de Zacharie, nous sommes allés pour la première fois à ce qui est devenu au fil des mois notre "Osusume", notre spécialité : Kamakura!
Au réveil, on saute dans un train, puis dans un tram qui longe la côte ("la mer!!!! regarde!!!") et nous voici, une grosse heure plus tard, à Hase, 50 kilomètres au Sud de chez nous (et Sud- Sud-Ouest de Tokyo).
Après quelques hésitations, on se dirige en premier vers la plage, toute proche, pour aller toucher l'océan Pacifique, pour la première fois pour Daniel, qui ne résiste pas à y mettre les pieds. La journée est belle, l'eau froide, et des dizaines de véliplanchistes et de pagayeurs ont pris d'assaut la mer.
Le bord de mer est très peu aménagé mais, en retournant vers la ville, on attrape un café et un sandwich, avant de se diriger vers le Hase Dera, l'un des nombreux temples du coin. Car Kamakura a été la capitale du Japon de 1185 à 1333 et, si la ville parait petite (avec cette incroyable impression de village que donnent ici les villes de plus quelques centaines de milliers d'habitants) elle est d'une incroyable richesse en temples. Nous n'en avons encore effleuré que la surface.
Le Hase Dera, donc. Avec son magnifique jardin sur plusieurs niveaux, ses milliers de minuscules statues de Jizo, protecteur des voyageurs et enfants morts avant terme, sa grotte, sa terrasse avec vue sur la ville et ses nombreux pavillons, le temple est un enchantement. Il abrite aussi la plus haute statue en bois du Japon, un Kannon au 11 visages daté du 8e siècle, qui se serait échouée sur le rivage de Kamakura après avoir été mise à l'eau à des centaines de kilomètres de là.
Direction ensuite le grand Bouddha.
Je suis super impatiente de le voir, et je ne serais pas déçue. On entre d'abord par un petit portail, on suit un chemin de pierres plates, on contourne un bosquet et là, BADABOUM.
Et d'autant plus BADABOUM que nous tombons, par le plus grand des hasards, en plein Matsuri (festival). Celui-ci vient avec des démonstrations de différents arts japonais, dont les grands tambours traditionnels! Une batucada locale!
Après s'être promis de revenir, il est temps de se rapprocher de Kamakura même et de se diriger vers la prochaine étape de notre visite, un grand temple boudhiste Zen nommé le Kencho-ji.
Les 45minutes de trajet, un peu trop banales pour être plaisantes, sont tout de même égayées par la rencontre d'une petite japonaise férue de langues, qui nous aborde en nous demandant si nous voulons laver de l'argent. Heu? plait-il? Nous n'avons pas d'argent sale! Après moult explications en français, anglais et japonais, on finit par comprendre qu'il y a pas loin d'ici, un temple dont la source est censée donner la richesse, si on y lave son argent.
Notre accompagnatrice, qui apprend l'espagnol, parle quelques mots de français et envisage un voyage eu Europe durant l'été, nous laisse à l'entrée de ce qui ressemble au centre-ville, et nous nous faufilons, dans une foule qui se densifie, étranglée par les rues commercantes bordées d'échoppes de souvenirs, vers le grand sanctuaire Shinto Hachimanjingu. Mais la foule est tellement dense qu'on décide de ne pas passer sous les Tori et de contourner le temple par la gauche. Bien nous prend car un petit escalier peu emprunté nous permet d'aller jeter un œil dans l'enceinte du temple, qui est décidément trop encombré pour nous.
Encore de la marche (les prochaines fois seront mieux organisées) et nous arrivons presque par surprise devant le Kencho-ji, le grand temple Zen, un complexe immense, et très peu rénové, ce qui ne fait qu'ajouter à son charme. Magnifique Bouddha de bois dans un temple aux splendides panneaux de bois ajourés, bodhisattva squelettique d'avoir trop médité, plafond orné d'un dragon volant, immenses vases, les différents pavillons sont époustouflants, mais presque moins que les cèdres multicentenaires qui se convulsent sur le parvis.
Suivant toujours les conseils de Zac, nous nous enfonçons dans le complexe, jusqu'à rejoindre une sorte de chemin de randonnée, pavé pour le moment, qui s'enfonce, tout fleuri, entre deux langues de collines. Au loin, des marches.
Une courte grimpette, et on arrive sur un premier palier duquel se dresse un mur de rocaille défendu par des Tengus, des êtres folklorique, belliqueux et farceurs, un peu comme nos gobelins, qui sont les esprits protecteurs, bien qu'un peu dangereux, des montagnes et des forêts. Ça reste à l'heure actuelle un de mes moments préférés de cette formidable balade, que nous affinons à mesure de nos visites.
Mais j'anticipe.
De là haut, on aperçoit aussi le Fuji, dans les nuages, et, de l'autre coté, le complexe du temple, la ville, et puis la mer.
Le chemin de randonné se poursuit ensuite en chemin de crête, sur une étroite langue de forêt, et nous nous émerveillons de nous sentir tellement en pleine nature alors que la ville est juste là, derrière ce rideau d'arbre.
A la redescente, on a l'impression d’atterrir dans un charmant petit village, la banlieue de Kamakura, verdoyante et calme. On suit la voie ferrée et on jette un oeil à un autre ensemble de temples qui a l'air magnifique, le Engaku-ji, mais dont on se fait rapidement évacuer. C'est l'heure de la fermeture.
Cette première visite à Kamakura, entre longueurs et émerveillements, va nous donner envie d'y retourner régulièrement, jusqu'à converger vers un programme bien rôdé, que nous proposons à ceux qui nous visitent. Je reposterais du coup des photos correspondants aux diverses excursions!
Ce jour-là, sur les conseils de Zacharie, nous sommes allés pour la première fois à ce qui est devenu au fil des mois notre "Osusume", notre spécialité : Kamakura!
Au réveil, on saute dans un train, puis dans un tram qui longe la côte ("la mer!!!! regarde!!!") et nous voici, une grosse heure plus tard, à Hase, 50 kilomètres au Sud de chez nous (et Sud- Sud-Ouest de Tokyo).
Après quelques hésitations, on se dirige en premier vers la plage, toute proche, pour aller toucher l'océan Pacifique, pour la première fois pour Daniel, qui ne résiste pas à y mettre les pieds. La journée est belle, l'eau froide, et des dizaines de véliplanchistes et de pagayeurs ont pris d'assaut la mer.
Le bord de mer est très peu aménagé mais, en retournant vers la ville, on attrape un café et un sandwich, avant de se diriger vers le Hase Dera, l'un des nombreux temples du coin. Car Kamakura a été la capitale du Japon de 1185 à 1333 et, si la ville parait petite (avec cette incroyable impression de village que donnent ici les villes de plus quelques centaines de milliers d'habitants) elle est d'une incroyable richesse en temples. Nous n'en avons encore effleuré que la surface.
Le Hase Dera, donc. Avec son magnifique jardin sur plusieurs niveaux, ses milliers de minuscules statues de Jizo, protecteur des voyageurs et enfants morts avant terme, sa grotte, sa terrasse avec vue sur la ville et ses nombreux pavillons, le temple est un enchantement. Il abrite aussi la plus haute statue en bois du Japon, un Kannon au 11 visages daté du 8e siècle, qui se serait échouée sur le rivage de Kamakura après avoir été mise à l'eau à des centaines de kilomètres de là.
Direction ensuite le grand Bouddha.
Je suis super impatiente de le voir, et je ne serais pas déçue. On entre d'abord par un petit portail, on suit un chemin de pierres plates, on contourne un bosquet et là, BADABOUM.
Et d'autant plus BADABOUM que nous tombons, par le plus grand des hasards, en plein Matsuri (festival). Celui-ci vient avec des démonstrations de différents arts japonais, dont les grands tambours traditionnels! Une batucada locale!
Après s'être promis de revenir, il est temps de se rapprocher de Kamakura même et de se diriger vers la prochaine étape de notre visite, un grand temple boudhiste Zen nommé le Kencho-ji.
Les 45minutes de trajet, un peu trop banales pour être plaisantes, sont tout de même égayées par la rencontre d'une petite japonaise férue de langues, qui nous aborde en nous demandant si nous voulons laver de l'argent. Heu? plait-il? Nous n'avons pas d'argent sale! Après moult explications en français, anglais et japonais, on finit par comprendre qu'il y a pas loin d'ici, un temple dont la source est censée donner la richesse, si on y lave son argent.
Notre accompagnatrice, qui apprend l'espagnol, parle quelques mots de français et envisage un voyage eu Europe durant l'été, nous laisse à l'entrée de ce qui ressemble au centre-ville, et nous nous faufilons, dans une foule qui se densifie, étranglée par les rues commercantes bordées d'échoppes de souvenirs, vers le grand sanctuaire Shinto Hachimanjingu. Mais la foule est tellement dense qu'on décide de ne pas passer sous les Tori et de contourner le temple par la gauche. Bien nous prend car un petit escalier peu emprunté nous permet d'aller jeter un œil dans l'enceinte du temple, qui est décidément trop encombré pour nous.
Encore de la marche (les prochaines fois seront mieux organisées) et nous arrivons presque par surprise devant le Kencho-ji, le grand temple Zen, un complexe immense, et très peu rénové, ce qui ne fait qu'ajouter à son charme. Magnifique Bouddha de bois dans un temple aux splendides panneaux de bois ajourés, bodhisattva squelettique d'avoir trop médité, plafond orné d'un dragon volant, immenses vases, les différents pavillons sont époustouflants, mais presque moins que les cèdres multicentenaires qui se convulsent sur le parvis.
Suivant toujours les conseils de Zac, nous nous enfonçons dans le complexe, jusqu'à rejoindre une sorte de chemin de randonnée, pavé pour le moment, qui s'enfonce, tout fleuri, entre deux langues de collines. Au loin, des marches.
| On n'est jamais vraiment sortis du temple, et nous voilà en train d'entrer dans un sanctuaire |
Mais j'anticipe.
De là haut, on aperçoit aussi le Fuji, dans les nuages, et, de l'autre coté, le complexe du temple, la ville, et puis la mer.
| Sisi, je vous jure qu'on voit le Fuji, en tout cas sa silhouette! |
Le chemin de randonné se poursuit ensuite en chemin de crête, sur une étroite langue de forêt, et nous nous émerveillons de nous sentir tellement en pleine nature alors que la ville est juste là, derrière ce rideau d'arbre.
A la redescente, on a l'impression d’atterrir dans un charmant petit village, la banlieue de Kamakura, verdoyante et calme. On suit la voie ferrée et on jette un oeil à un autre ensemble de temples qui a l'air magnifique, le Engaku-ji, mais dont on se fait rapidement évacuer. C'est l'heure de la fermeture.
Cette première visite à Kamakura, entre longueurs et émerveillements, va nous donner envie d'y retourner régulièrement, jusqu'à converger vers un programme bien rôdé, que nous proposons à ceux qui nous visitent. Je reposterais du coup des photos correspondants aux diverses excursions!

