dimanche 10 septembre 2017

1er wwoof

8-9 Décembre

Sur les conseils de notre amie Mika, je me suis inscrite sur la page facebook de permaculture Japon, où j'ai posté un message en anglais et en mauvais japonais pour me faire connaitre et dire que j'étais prête à venir filer des coups de main dans et autour de Tokyo pour en apprendre un peu plus sur l'agriculture et la permaculture à la japonaise.

C'est comme ça que je suis entrée en contact avec Byron, qui habite à la campagne à une petite heure et demie de Tokyo. Comme souvent, ce que je vais faire n'est pas très clair, mais il y a possibilité de faire du boulot physique, de ferme ou de construction, et ça me fera du bien de mettre les mains dans la terre. Comme j'ai envie de tâter le terrain, pas très envie de partir pour longtemps, et que nous repartons bientôt en France pour les fêtes de fin d'année, on se met d'accord pour que je passe deux jours, une nuit chez lui. J'ai eu le nez creux comme on le verra.

Byron vient me chercher à la gare de Fujino et me raconte un peu sa vie, ses projets, me montre une sorte de village de créateurs très sympa, mais encore fermé, et m'emmène sur la "ferme" proprement dites, qui est encore au stade embryonnaire.

Pendant ces deux jours, j'aurais fait du désherbage (classique), coupé des bambous pour nettoyer une bambouseraie de production de pousses comestibles (moins classique) et construit des terrasses agricoles (jamais fait jusque là). Le propriétaire est un américain marié à une japonaise, très sympa et plein de bonnes idées mais encore tout au début de son projet (lancement d'une ferme maraichère au printemps prochain sur petite surface) et avec un rapport aux wwoofers un peu problématique.

En gros, comme il ne veut pas laisser à sa femme la charge de ses deux petites (ce qui est tout à son honneur), on a bossé de 9h30 à 16h30-17h (tombée du jour, qui se fait très tôt à cette saison), avec une pause pas longue le midi, sans manger avec lui ni le premier midi ni les deux soirs, et le deuxième midi il avait ramené des bentos et gérait des choses sur sa tablette.

On (un allemand, un américain et moi) étaient hébergés dans des conditions carrément limite : des tentes sur des planches, dans une serre pas fermée, avec un microcoin cuisine et un coin salon mais sans eau chaude ni isolation donc le pauvre poêle à bois ne réchauffait pas grand chose, alors qu'il devait faire7°C la nuit. La douche à 15minutes à pieds si et seulement si il n'y a pas d’hôtes dans le airbnb très chic qu'il loue, et les toilettes sèches en pleine nature à 5 minutes de marche dans l'autre sens.

Un peu trop roots et trop dans l'exploitation du travail gratuit pour moi, qui voit le wwoofing comme une occasion d'échange et aussi de visite de la région, sur le temps libre qu'on est censé avoir un moment dans la journée. En revanche, discuter avec Byron et aller avec lui choisir comment faire le système de retenue des terrasses ou discuter avec un forgeron qui peut lui faire un outil un peu spécial pour faciliter l'ameublissement du terrain me botte bien.

Je suis ravie quand même de mes deux jours de travail, de mes bleus et de mes courbatures, et l'avantage c'est que c'est à 1h30 de la maison, quasi porte à porte. Donc lorsque j'aurais envie de retourner me faire des ampoules, je pourrais facilement meubler un jour ou deux entre l'envoi de propositions d'articles et la phase d'écriture, les moments où je serais à Tokyo. Daniel, lui, hurle à l'exploitation quand je lui raconte ces deux journées, mais bon, malheureusement, ce n'est pas un cas isolé dans mes expériences de wwoofing.


l'entrée de la serre/abri















Le pauvre Anton, 19 ans, fait du travail physique pour la première fois de sa vie...


Tadaaaa les jolies terrasses

lundi 24 juillet 2017

Home sweet h... ah non! - Takao

Dimanche 27 Novembre

Nous voilà emménagés depuis hier!
Et alors que je rêve de dormir tard pour me reposer enfin des semaines de préparation, et de passer la journée à aménager notre nouveau chez nous, Daniel me tire du lit pour aller randonner avec Zac et Love.
Bon, on part à 11h, mais pour mon corps c'est atrocement tôt!
Sur le quai d'en face, une lolita version japonaise, toute surchargée de dentelles et de froufrou oO
Direction Takao-San, à une petite heure de là. On attrape de délicieuses brioches vapeur aux légumes sauvages que Zac m'a décrites pendant une partie du trajet (il commence déjà à savoir me motiver) et on prend nos tickets de... remontée mécanique? Et oui, la première partie de la balade se fait en chaises type station de ski!



Les couleurs d'automne sont magnifiques et, couplées à la brioche effectivement délicieuse, elles achèvent de me dérider rapidement. 

 
Coucou les copains!
un peu vertigineux
 

Il y a un monde fou en haut de la montagne, et on découvre, parmi les nombreux stands de bibelots et nourriture, quelques aspects inconnus de la gastronomie de montagne : les brochettes de boulettes de pâte de sarrasin ou de riz (les dangos) et... le Beaujolais nouveau en gourdes! Pour aller randonner!




 Et c'est parti pour une succession de temples, tous plus jolis les uns que les autres.
















Le temps se gâte un peu à la fin de la descente, on attrape un bus pour rentrer à la station, où on fait la queue pour nettoyer nos grosses chaussures au jet d'eau et à la brosse. Apparemment, il n'est pas question de repartir à Tokyo avec des chaussures boueuses!

mardi 11 juillet 2017

Déménagement - part 3 - Jour 2

Semaine du samedi 27 Novembre

Il a neigé!!! Enfin, pas aujourd'hui, mais dans la semaine!

Il parait que c'est la première fois en novembre à Tokyo.

Et tout de suite les copains japonais nous ont envoyé des messages pour nous dire de faire attention dans les rues parce que ça glisse.

Moi, j'étais dessous, en train d'aller chercher une lampe type halogène avec le gros sac de rando de Daniel. Quand la propriétaire a ouvert la porte, et m'a vue toute mouillée de neige fondue, elle m'a proposé un thé au lait brûlant :)

Le thé but, l'halogène démonté et rangé dans le sac à dos, je suis repartie sous la neige demie-fondue, et le regard un peu incrédule de l'ex-propriétaire.

Une pause pour décharger ça au labo de Daniel, et je rentre continuer à organiser le déménagement, dernière partie.


sisi, on voit les flocons!!! et là, le long du trottoir, qu'est ce que c'est hein???

Parce que cette fois, c'est du sérieux!
Pas de grasse matinée cette fois, on se retrouve à 9h45 pour prendre le van, loué pour 12h par Super Kakei, et c'est parti pour la grande boucle.

La grande boucle...

Et ça commence déjà en fanfare. La propriétaire de la table, Maria, celle qui nous avait collé un lapin la semaine précédente, m'avait prévenu qu'elle partait en vacances, mais qu'une amie à elle serait présente pour assurer la récupération de la table, que j'ai déjà payé. Sauf qu'impossible de la joindre, que ni Maria ni elle ne répondent au téléphone ni à l'application de messagerie. On se rend quand même sur place et on sonne deux fois à la sonnette, avant qu'une jeune femme endormie ne vienne nous ouvrir, et ne se retrouve nez à nez avec moi qui fulmine et suis prête à défoncer la porte. Grande inspiration - expiration, on récupère notre table, et on se casse.

Il y a ensuite tout un micmac avec les propriétaires du canapé lit, où finalement il ne faut qu'on passe qu'après 14h, et le planning implose.

Bon... On passe chercher le four combiné micro-onde, les chaises, nos valises et un tas de sacs à notre ancien logement, dont on est pas fâchés de quitter le manque de lumière, on s'achète des bentos et deux bouteilles de vin pour la soirée prévue ce soir avec des amis de Kakei qui se trouvent habiter dans notre nouveau quartier, et on file au labo de Daniel, où j'ai patiemment stocké des choses dans le bureau de son directeur de labo, qui se trouve être rentré en France.

Les ginkos du campus sont tout dorés, il y a des feuilles d'or partout, c'est génial.


 


Allez zou, maintenant qu'on a tout ça, on va faire un premier déchargement. Zacharie et Love, qui se trouvent habiter à 8 minutes à pied de notre nouveau chez nous, nous y rejoignent, pour filer un coup de main.

Et c'est repart.... MAIS??? mais où est-ce que j'ai mis la clé??? Il y a des sacs et des cartons, dont certains sont ouverts, partout, et la clé n'est nulle part. Presque 10 minutes de recherches frénétiques plus tard, on la retrouve, dans un sac random. Je suis vraiment épuisée, je fais n'importe quoi.

Bref, c'est reparti!!
Direction donc le canapé-lit, et les lampes d'ambiance, qui se voient rejoindre par des trucs dont les proprios n'ont pas encore réussi à se débarrasser : un tapis pour faire descente de lit, une râpe, un porte-manteau...

On enchaîne, et en plus de ce qui était prévu, on récupère au passage un fauteuil en osier, une paire de rideaux, des outils et ciseaux, des tringles, un miroir... et même un parapluie, qui vient s'ajouter à notre collection encore menue mais grandissante, sous le regard hilare de Kakei, qui a bien gagné le droit de se moquer de moi.

Le dernier point de chargement nous jette dans les bouchons de Shinjuku. Heureusement qu'on a abandonné l'idée d'aller chercher la machine à laver, qui est encore à près de 45minutes de là. Je n'ai prévenu qu'hier soir qu'on ne venait pas, c'est nul mais j'en pouvais plus d'essayer de planifier, et là il fait déjà nuit, j'en ai marre. On se prend une bonne heure de retard, le téléphone de Daniel n'a plus de batterie, et moi je n'ai pas le numéro de Zacharie, a qui nous avons donné rendez-vous pour le second déchargement, la galèèèèreeee!

Enfin, la maison! On décharge tout, et tandis que Zac et Love m'aident à commencer à tout ranger, monter le lit etc, Daniel repart avec Kakei rendre le van, et on se donne rendez-vous à la station à côté de la nôtre, pour rencontrer les amis de Kakei. Mais les bouchons sont encore là, et le temps que le van soit rendu et les valeureux conducteurs revenus dans le coin, il est déjà 21h30.

On décide de passer tout de même à la soirée, qui se déroule dans l'atelier d'un artiste sculpteur retraité. Tout le monde est très sympa, on nous offre à boire, on sourit beaucoup et on échange trois mots en japonais et anglais. Mais la soirée est déjà un peu avancée pour eux, la nourriture a disparu et l'alcool a fait effet, alors on ne s'attarde pas trop, tout en promettant de se revoir bientôt. Notamment à Akira, qui parle plutôt très bien anglais et me propose de lui filer un coup de main sur un programme qui implique des jeunes gens et des rizières. A creuser!

On terminera cette journée mémorable à shimokittazawa, au Juicy dumplings qui vend des raviolis japonais tout à fait délicieux, et juteux, comme leur nom l'indique!
 
Et maintenant... dodo dans notre nouveau chez nous!

jeudi 6 juillet 2017

La fête du travail

23 Novembre

Aujourd'hui, c'est la Fête du travail.

Ça veut dire que Daniel ne travaille pas!

On déjeune au Napolitio à Naka-meguro, un restaurant d'inspiration italienne tenu par des copains de Yuko. L'ambiance est très sympa, un peu arty, et Daniel teste leur pizza à la raclette, qui laisse un peu à désirer par la taille, mais pas par le goût. J'ai quand même le droit de goûter. Faut-il qu'il m'aime!

On se dirige ensuite vers Tsukiji, le marché au poisson, qui est assez tranquille en après-midi mais offre tout de même un bon bain de foule et des étals colorés de poisson cru, séché, légumes marinés, mochis, glaces à toutes sortes de parfum... on craque pour une glace au sésame noire et on va visiter le jardin voisin, le magnifique Hama Rikyu Koen, pour profiter là aussi des couleurs automnales.



Mais qu'est-ce que ce zébulon qui n'arrête pas de mettre son nez dans le cadre?
 




Après ça, on prend la ligne de metro Yurikamome  ("mouette rieuse" qui va à Odaiba, l'île artificielle de la baie de Tokyo en un trajet un peu penché et en virages, avec un passage à travers le point Rainbow bridge (illuminé aux couleurs de l'arc en ciel la nuit), comme un wagon de montagne russe pour tout petits.



Odaiba c'est l'île du divertissement, où l'architecture des bâtiments (musée de la marine, des sciences, siège social de Fuji TV, le centre Telecom...) procède d'un modernisme qui a déjà quelques décennies dans la tête, mais de beaux restes.

On y trouve aussi, en vrac, une grande roue, une réplique de la statue de la liberté, une plage de sable, Fort Venus, une galerie commerçante au deuxième étage du complexe Palette Plaza (illuminé tout en vagues de lumières fluorescentes la nuit) qui reprend l'architecture d'une ville italienne, avec un faux ciel bleu qui évolue au cours de la journée. Le musée automobile de MegaWeb Odaiba, DIvercity, un autre immense centre commercial devant lequel a longtemps trôné une également immense (18m) statue du robot de la série animée Gundam (qui devrait réapparaître en fin d'année 2017, en encore plus grand!)...

Pour aujourd'hui, on se contente de Fort Venus, et c'est déjà pas mal en termes de kitsch!
On a même la chance, discutable, d'y voir la fin d'une sorte de menuet dansé par trois couples en costumes portant des masques vénitiens.