Lundi 24 Octobre
Ce matin, on prend le train vers Hikone, une petite ville au bord du lac Biwa, plus grand lac japonais, à une grosse heure et demie de Kyoto. En fait il s'agit d'une ville de 110 000 habitants quand même, mais comme c'est tout bas, ça a vraiment des airs de village.
Il y a plusieurs stations qui desservent la ville, et on a choisi de prendre un train local, espérant arriver plus près du Ryokan (auberge traditionnelle) qu'on a loué pour les trois nuits qu'on passe ici. C'est très sûrement plus que ce que mérite l'endroit, mais j'en ai assez de courir partout et je nous imagine déjà tranquillement posés au bord du lac, à glandouiller, se balader et buller.
...
AHAHAHAH.
Hem, pardon.
C'est juste que moi, je sais DÉJÀ que ça ne se passe pas comme ça.
Bon, en tout cas, pour ce qui est du rapprochement géographique d'avec notre futur lit, c'est rapé : le train nous a déposé à une bonne vingtaine de minutes de marche, et les sacs nous paraissent lourds en cette fin de voyage. Heureusement, l'employée de l'office de tourisme situé dans la gare est adorable et, après nous avoir rempli les bras de brochures sur les différentes activités qu'on peut faire dans et autour de sa ville, elle appelle le propriétaire de l'auberge, qui vient nous chercher en voiture cinq minutes plus tard. On a juste eu le temps de faire la connaissance d'Hikonyan, la mascotte de la ville. Un chat, comme son nom l'indique (nyan = miaou). Usant de son plus beau japonais, Daniel discute un peu avec notre chauffeur improvisé, le court temps du trajet. On s'installe rapidement dans notre chambre : grande, pas de vis à vis, sinon avec un mur, tatamis, petite table basse et un excellent thé au riz offert par la maison.
Une petite tasse, et on repart vers le cœur de ville, et son attraction principale : le château! Mais avant toute chose, on déjeune de "runcho seto" (lunch set, menu du midi quoi) dans une sobaya pas mal du tout. C'est varié, coloré et goûtu, joliment servi dans une multitude de petits plats sur un plateau laqué.
Les abords du château et de ses douves jumelles sont organisés comme pour une foule immense, qu'il doit effectivement attirer en saison, mais à cette époque, le lieu est quasi désert. On nous y délivre nos billets, un de ces tampons de monuments dont les japonais sont friands (il y a même des carnets dédiés à leur collection!) et une plaquette très bien illustrée et extraordinairement bien traduite en français, la meilleure que nous avons eu et de loin. On y apprend que ce château médiéval d'époque est classé comme trésor national en plus d'être patrimoine mondial, on nous indique les différents styles de maçonnerie liées aux réparation, la formidable complexité de la construction du toit...
Du haut des étages, la vue sur les alentours et le lac Bika qui nous sert d'horizon, est époustouflante.
| C'est qui la mascotte? Hein? |
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| Ça monte dru dans les étages, et c'est frooiiidd sous les papattes |
Dans l'enceinte délimitée par la deuxième douve, des cours arborées donnent des points de vues alternatifs et magnifiques sur la ville autour et le château en lui-même. Il fait beau, il fait chaud, le soleil se reflète sur les murs blancs, c'est les vacances...
On flâne tranquillement, dans ces cours, puis vers le jardin Genkyu-en, conçu au pied des murailles pour se promener autour d'un grand étang avec vue sur le château et une ancienne résidence secondaire transformée en maison de thé.
Évidemment, la maison de thé ferme (tôt) lorsqu'on y pointe le bout du nez, mais nous avons de toute façon décidé d'aller vers le lac, voir un peu à quoi il ressemble. C'est probablement parce que nous ne cherchons pas au bon endroit, le long de ce lac de 670km2, mais nous trouvons la berge assez peu aménagée. Nulle part de petit restaurant de front de mer avec vue, de cafés avec des tables sur le plage. Quelques buildings moches, au loin. Mais la nature, sauvage, est belle.
Sur le lac, on aperçoit trois îles, dont l'employée de l'office du tourisme nous a vanté les mérites respectifs (nous avons une plaquette sur ça aussi) et des planches à voiles qui profitent largement du temps venteux. Daniel, pourtant connu pour aimer se baigner en toutes circonstances, fait la grimace après avoir touché l'eau. Elle est sacrément froide apparemment!
Alors que le soleil se couche, la température chute d'un seul coup et il se met à faire très froid. Moi qui cranait avec mon sarouel acheté sous le chaud soleil de Minorque, je suis quasi instantanément frigorifiée par le vent qui, lui, n'a pas faiblit. On se rapproche avec espoir de l'embarcadère pour les îles du lac, où on espère trouver un bus, mais le dernier est déjà parti. On s'abrite néanmoins dans le hall d'attente partiellement couvert et on prend une boisson chaude au distributeur que, pour une fois, on est bien contents de trouver omniprésent. Dès qu'on est un peu réchauffés, on s'engloutit au pas de gymnastique les 45minutes de marche jusqu'à notre ryokan où on sait qu'un bain chaud nous attend.
Dans cette auberge, une seule salle de bain commune est à disposition alternativement des hommes et des femmes, suivant les créneaux horaires. On arrive heureusement pour moi juste avant que ce soit le tour des femmes et je me prélasse un moment dans l'eau chaude, seule car tous les autres clients sont des hommes.
Une fois Daniel lavé et réchauffé également, on part le nez au vent dans les petites rues, à la recherche d'un restaurant. Il y a plein d'endroits qui ont l'air chouette, mais beaucoup sont fermés..? On décide finalement, un peu au pif et après avoir pas mal tourné, d'entrer chez Ueki, une izakaya au menu de laquelle on ne comprend rien, mais qui propose un set qui a l'air appétissant en photo.
C'est donc ce que je commande au patron, adorable, qui nous installe au comptoir réfrigéré où il prépare les poissons.Daniel, plus aventureux, lance un "o-makase" qui veut dire "je vous fait confiance, comme vous voulez". Glorieuse idée! Si mon set est délicieux et relativement copieux, le chef aligne les plats devant Daniel, les uns après les autres, tous plus délicieux les uns que les autres. Des sashimis extra frais, des sushis, de la viande de bœuf cuite sur plaque chaude (un délice), des pickles, des tempuras, une fondue, du tofu à l'amande...
Ça n'en finit pas d'arriver, tout est délicieux, le chef se délecte de nous voir nous régaler et nous rigolons beaucoup. Et, incroyablement, la facture finale n'est même pas très salée! Peut-être aussi parce que nous nous contentons d'une bière et d'un thé glacé. Le thé chaud, lui, nous est offert au moment du départ. Nous remercions avec effusion, et on va se coucher en rentrant tranquillement par les petites rues, qui ont l'air d'abriter un certain nombre de clubs un peu glauques.













