jeudi 24 novembre 2016

Kyoto!

Mardi 11 Octobre

Ce matin, on part en bus vers Kyoto avec Mika.
Une photo devant la maison avec Tatsu, qu'on laisse derrière nous, un petit déjeuner rapide au café Takayama en ville, où nous disons au revoir à Samuel, Sarah et Eric, et c'est parti!
A gauche, le tas de bois de Tatsu, à droite, le nôtre ><
Au moment de partir vers Kyoto avec Mika, petite photo clin d'oeil à Tatsu, dont la compagnie de cyclotourisme a un kiosque dans ce café.

Le trajet se passe sans encombre, on voit un macaque sur le bord de la route et on boit du thé vert geinmacha (au riz) en libre service dans les stations services. Et ouais. C'est comme ça ay Japon.

A l'arrivée à Kyoto, on commence par déposer nos bagages chez Len, un hôtel super hipster dont Mika connait le staff, assez central dans la ville.
Photo c Hostelworld
Premier spot de visite de la journée, le Ginkakuji, ou pavillon d'argent. Mika, qui vient de passer la première partie d'un examen d'état pour être guide touristique, en profite pour s'exercer sur nous. Le lieu est magnifique comme seuls les jardins japonais arrivent à l'être, avec des tas de petits espaces différents.
Le pavillon en lui-même n'a d'argent que le nom faute de fonds suffisants pour le recouvrir du précieux métal à cause de l'intensification de la guerre civile de la fin du 15e siècle durant sa construction. Le jardin de sable qui s'y trouve, soigneusement ratissé et remit en forme chaque jour, est impressionnant de raffinement. Dans un coin, un tas de sable, laissé par les ouvriers après la construction, est chaque jour mis en forme comme un gros pâté de sable, et est censé représenter le Mont Fuji.
 On se balade ensuite un peu le long du chemin de la philosophie, on visite un magasin de papiers japonais puis on fait un crochet vers le Honen-in, qui est déjà en train de fermer. Tout ferme très tôt ici! Le temple est fantastisque, complètement protégé dans un écrin de verdure qui rafraichit et assombrit l'ambiance et donne à l'ensemble des airs de forêt.


Etonnant comme la mousse qui pousse dans les crevasses et sur les pierres
atténue le côté complètement contrôle freak des constructions.
Retour à Len, où on s'installe dans notre chambre, puis Mika nous emmène, sur les conseils d'un de ses amis de Len, dans une petite Isakaya au décor tout sauf traditionnel où on nous sert un délicieux saké (nommé Halleluja) dans des petits bleus verres en cristal gravés posés sur une soucoupe. La patronne, cuisinière et aussi serveuse verse, verse, verse déborde dans la soucoupe et continue à verser un peu. Ici, "pas plus haut que le bord" est une blague qui ne marcherait pas du tout et vous priverait en plus d'une gorgée de délicieux saké!

Une journée calme à la "campagne"

Lundi 10 octobre

Soirée sympa la veille, avec Tatsu et Mika, Sam, Eric et Sarah qu'on découvre, autour d'un bon saké et d'un délicieux repas varié, mais je suis épuisée et ne tarde pas à aller me coucher.
Petite journée le lundi, raccourcie par une grasse matinée et le début de mes règles qui m'a renvoyée à la maison pour un bon bain chaud pendant que Daniel et les autres allaient visiter la poterie d'amis de Tatsu et Mika, qui sont ensuite venus partager le dîner.

Dans la matinée, on a malgré tout essayé d'aider Tatsu à décharger et empiler du bois pour préparer l'hiver prochain, avec ses 4 à 5 mètres de neige dans la région. Le pickup de Tatsu est minuscule, avec des airs de jouets, comme nombre de ceux que nous avons vus jusqu'ici. En revanche on croise aussi beaucoup d'immenses voitures, considérablement larges et avec des rétroviseurs supplémentaires au milieu du capot avant.
Les buches sont très petites, irrégulières, et monter des piles qui tiennent est plus difficile qu'on pourrait le penser. A l'heure du déjeuner, nous en sommes rendus à peine à hauteur de genou, après avoir défait et refait un certain nombre de fois l'ajustement des morceaux. La suite attendra, car Tatsu nous emmène dans une Sobaya (les restaurants spécialisés dans les soba, ces nouilles de sarrasin qu'on peut manger, chaudes, froides ou en soupe) qu'il connait et qui est parait-il tout à fait spéciale.

Une bonne vingtaine de minutes de route en direction des collines et de la campagne et nous arrivons en vue d'une adorable maisonnette le long de laquelle des kakis sont mis à sécher. A l'intérieur, une première pièce avec 3 longues tables basses pouvant accueillir une dizaine de personnes chacune, mais il n'y a qu'un seul autre client à notre arrivée. Tatsu commande pour nous et nous voyons bientôt arriver des sobas froides, des edamames (haricots verts de soja cuits à la vapeur ou à l'eau dont on mange les grosses graines) et tout un assortiment de tsukemono (légumes marinés). Les sobas sont fantastiques, avec un gout de sarrasin prononcé mais pas trop fort, et le cuistot, qui est également prêtre shinto (!) vient se poser avec nous, nous montrer les graines de shiso avec lesquelles il fait le nappage des brochettes de pate de sarrasin qu'il nous offre et nous montre l'album photo de sa maison en construction. On y mangera aussi parmi les meilleurs onigiri (boulettes de riz triangulaires) de notre voyage alors qu'elles sont nature, sans aucune garniture. L'homme fait pousser lui même son riz et son sarrasin, ainsi que des légumes et des fruits dans un micro-jardinet derrière le restaurant. Il nous fait deviner son âge et s'amuse de notre ébahissement quand il annonce 72 ans.
Après le repas, il nous fait monter à l'étage pour visiter le mini-musée de ses voyages, qui vont de l'Egypte à l'Icelande en passant par l'Amérique du Sud, et rassemble une collection (du coup) hétéroclite de tambours, scies de charpentiers, papyrus, statuettes et autre morceaux de roche ou de sel de la Mer morte. Lorsqu'on repart, il insiste pour que sa femme le prenne en photo avec nous et celle-ci nous offre des tomates cerises et des physalis de leur jardinet.