![]() |
| La vue depuis notre rue |
En fin connaisseur des besoins des voyageurs, il commence par nous indiquer la douche et notre chambre, et nous laisse nous reposer. Nous nous écrasons donc pour deux heures, qu'on aurait bien fait durer mais une ville entière nous attend!
Au réveil, une première réalité nous frappe. Le wifi fournit par l'hôte fonctionne bien, mais pas d'accès à facebook ni google, et donc ni gmail, ni maps. Ah oui! On est en Chine... C'est quelque chose de savoir que ces sites sont bloqués ici, autre chose d'en faire l'expérience directe.
Pour ce premier jour, on se dirige vers la place du peuple, l'opéra et le musée de Shanghai, qu'on envisage plutôt de faire demain, car la fatigue qui rôde nous décourage d'aller passer quelques heures dans la salle des bronzes ou celle des poteries, au risque de regarder chacune d'un oeil vitreux en murmurant "oh... un autre vase...".
En arrivant au musée on constate que de toute façon vu que nous sommes en pleine Golden Week, une semaine de vacances pour l'anniversaire de la fondation du PCC, l'entrée n'est même pas envisageable vue la queue qui fait tout le tour du bâtiment.
La place du peuple est très étonnante. Je m'attendais à une immense esplanade dallée. Il s'agit en fait d'un espace en deux partie. D'un côté une sorte de grand square où trône le musée et, de l'autre côté d'une double voie intraversable si ce n'est en sous-sol, les deux bâtiments de l'Opéra et du musée de l'urbanisme, impressionnants d'architecture. L'ensemble ne donne justement pas un sentiment d'unité.
| Ahahah! |
On se perd ensuite dans les petites rues aux odeurs puissantes de nourriture, avant de rejoindre Nanjing donglu, une rue piétonne immense et très animée, temple de la consommation placardé de pubs criardes.3 petits bonshommes au routard mais beaucoup trop de sollicitations pour des voyageurs en plein jet lag. Pour la blague, nous rentrons quand même dans le M&M's store car Daniel n'a jamais vu les distributeurs par dizaines, avec autant de mix et de couleurs différents.
Un détour par une immense galerie entièrement dédiée à la nourriture nous verra acheter des fruits séchés, non sans avoir enquiquiné la vendeuse jusqu'à goûter tout ce qui nous faisait envie ou presque. Après tous ces goûts étranges, nous nous arrêtons bêtement sur pêche, mangue et gingembre, ce dernier tellement fort qu'il nous reste encore sur les bras à ce jour.
Au moment où on s'apprête à fuir la grande rue, le ciel s'est ouvert et, avec la pluie, sont miraculeusement apparus des vendeurs de parapluie. Une négociation ratée plus tard (le prix est le même pour les locaux) on reprend notre balade, munis d'un parapluie méduse, dont la transparence à le bon goût de nous permettre de continuer à nous extasier malgré la pluie.
Les ruelles derrière forment un contraste déboussolant avec ce que nous venons de quitter. D'un seul coup tout est sombre, miséreux, sale même. Un instant, j'ai l'impression d'être à Katmandou. Et l'instant d'après nous longeons le fleuve, jusqu'au Bund, un boulevard gigantesque qui aligne les façades d'immeubles style années folles. Coté rivière, une balade surélevée donne une vue imprenable sur la skyline de Pudong, la ville nouvelle hérissée de tours.
![]() |
| On a le nationalisme discret par ici |
![]() |
| Pratique, non? |
En voulant repartir du Bund par l'autre extrémité des mille cinq cent mètres de l'avenue Nanjing Donglu nous nous joignons à un flot ininterrompu de promeneurs, tous soigneusement parapluités, qui s'écoule du fleuve vers la ville et en sens inverse, de la ville vers le fleuve. Une double file continue, chacune de son côté de l'avenue, et encadrée par une flopée de troufions, un tout les 2m50, stoïques sous la pluie. Renseignements pris auprès d'un portier d'hôtel, non non, il ne se passe rien de particulier ce soir. C'est habituel. La quantité de jeunes gens en uniforme pour encadrer cet écoulement de promeneurs est juste sidérante.
Le métro nous ramène dans l'ancienne concession française où nous allons dîner dans une des "cantines" du routard, un restaurant au décor très classique, dont l'immense menu illustré sur papier glacé à des allures et l'épaisseur d'un catalogue!
Affamés et ayant mal interprété la taille des plats au vu de leurs prix ridicule, nous nous retrouvons à commander un festin : du seitan aux cacahuètes et champignons noirs, du tofu qui réussi l'exploit d'être à la fois crémeux et grillé dans une épaisse sauce soja, du riz, de l'aubergine grillée et réduite en purée accompagnée de (nombreuses) petites crêpes, et enfin des luffa vapeur à l'ail parsemée de friture. La friture en question est composée de petits poissons blancs, qui s'avèrent faire en fait 10cm de long, avoir de grands yeux réfléchissants et être tout à faits gluants. Inutile de dire que dès la première bouchée je laisse ceux là à Daniel de peur de rendre mon repas.
Heureusement, le demi-pigeon froid qu'on avait également commandé, spécialité du restaurant, s'est perdu en route et ne nous sera pas servi, ni facturé. Déjà comme ça, on lutte et on ne finit même pas les plats. La puissance des goûts y fait beaucoup, qui rend chaque bouchée extrêmement présente. Mais comme c'était délicieux, on en sortira complètement pleins, comme rarement...
Sur notre trajet de retour à pied vers notre hébergement, au coin du parc Xiangyang, on tombe sur un bal de danse de couple et, tandis que les danseurs effectuent des mouvements syncopés, nous tentons une mazurka glissée et une petite bourrée discrète, dans notre coin, avant de rentrer prendre un repos bien mérité, ayant tout de même tenu jusqu'à 22h!







