dimanche 13 novembre 2016

Shanghai - 2e jour.

Les brioches shanghaiennes, des "raviolis" remplis d'une farce savoureuse et très juteuse, comptent parmi mes grandes joies de ce séjour. C'était notre déjeuner d'hier et ce sera également notre petit déjeuner d'aujourd'hui, après un réveil aux aurores :10h du matin (donc 4h dans mon corps), l'heure à laquelle une annonce au mégaphone indique aux voisins qu'ils ont le droit de commencer à faire du bruit.
Nous avons encore commandé bien trop à manger, même si on se rapproche de quantités raisonnables. Autour de nous, les autres clients engloutissent d'énormes portions et on aperçoit les cuisiniers par une fenêtre donnant sur la cuisine. La vitesse à laquelle ils ferment les bouchées par tous ces petits plis compliqués laisse songeur et me renvoie avec humilité à l'unique leçon de pliage de raviolis chinois que j'ai prise, à Paris, chez une cuisinière absolument adorable que je vous recommande au passage si vous voulez prendre des cours.


L'armada de mobylettes garées devant le restaurant est aussi l'occasion de confirmer ce que nous avons commencé à pressentir hier. Toutes, aussi pourries soient-elles, sont électriques! Pas un pot d'échappement sur la rangée de mob' bricolées et de scooters tenants avec du chatterton. Dans le métro, nous avons aussi vu des publicités incitant les habitants à prendre les transports et à laisser leur voiture polluante à la maison. Du coup, contrairement à ce que je craignais pour la Chine, l'air ne donne pas l'impression d'une grande pollution et surtout, c'est incroyablement silencieux! Ceux qui sont allés en Inde ou à Kathmandou ont encore dans les oreilles ce que c'est que de se déplacer dans une ville encombrée de scooters. Ici, pas une pétarade, quasi pas de klaxons, mêmes les voitures et bus circulants sont silencieux, certains électriques également. On dirait que le gouvernement a mis un grand coup en direction du tout électrique, et ça se sent!

Une des entrées de Tianzifang
 Notre première étape du matin est au Sud de notre logement, dans l'ancienne concessions française (et ses incontournables platanes). Le quartier de Tianzifang, autour de la rue Taikang Lu, fourmille de ruelles pleines de cafés, petites boutiques arty et galeries diverses. On y découvre aussi des barbes à papa géantes et des cônes de glaces avec des ajouts complètement dingues (bonbons en gélatine, marshmallows, carrés de chocolat... tout ce qu'il est possible et imaginable de coller sur un cornet). Ça a des petits airs de Carnaby street ou de ce marché incroyable où nous étions allés avec les parents lors de notre premier jour à New Delhi (papa si tu lis, n'hésite pas à redonner le nom dans les commentaires!). C'est adorable, blindé de monde (locaux et touristes), ultra branchouille et, comme nos valises sont de toutes façon déjà pleines, on ne reste que le temps de jeter un coup d'oeil circulaire mais ça vaut définitivement le détour.

En remontant vers la vieille ville chinoise, on s'arrête à la résidence de Zhou Enlai, un des plus anciens camarades de Mao Zedong et aussi le premier "Premier" de la république populaire de Chine. Si l'homme a vécu à peine un an dans cette résidence, entre 1946 et 1947, la demeure a ensuite servi de siège pour le parti communiste chinois et est conservée dans le formol, pour l'édification des citoyens et des visiteurs. Sombre et très sobre, elle donne l'image d'un homme très simple, qui a vécu avec sa famille dans une petite chambre monacale, les autres servants de dortoir et de chambres d'accueil pour différents membres du parti. On touche ici du doigt la volonté de ne pas tomber dans l'excès et le faste de régimes politiques considérés comme corrompu, jusqu'à tomber dans l'extrême inverse.

Plus loin, on effleure Xiantiandi. Ce quartier, dont le nom signifie "Nouveau Monde", a ceci d'intéressant qu'il est le symbole de la mutation économique chinoise, d'une société qui s'enrichit et prospère, et a décidé de le montrer. Mais pour nous qui sommes encore un peu brumeux et tendus du voyage, le côté m'as-tu-vu et bourgeois nous fait fuir immédiatement. Nous nous enfonçons plutôt dans les petites rues délabrés des abords de la vieille ville, à la recherche d'un marché au grillon vanté par notre routard, mais que nous ne trouvons pas.


Une fois passée la porte monumentale de Fangbang Lu, l'atmosphère et les bâtiments changent instantanément. Sur fond de bâtiments traditionnels (en tout cas comme on les imagine), une foule compacte se dirige vers le coeur du quartier, le marché aux puces de Fuyou et le fabuleux jardin Yu.
Golden week ou affluence ordinaire, on ne saura pas le dire. Une fois encore, une nombre impressionnants de policiers, munis de mégaphones, de sifflets et de bâtons lumineux, cornaque les visiteurs à l'approche du pont aux 9 zigzags qui permet l'accès au jardin. Sa forme extravagante vient de la croyance que celle-ci empêche les mauvais esprits de traverser car ils ne marchent qu'en ligne droite, pratique une fois qu'on le sait!



Depuis le premier étage du très chic salon de thé situé sur une petite île au milieu du pont, nous avons une vue imprenable sur les centaines de têtes brunes qui défilent en dessous de nous, mais aussi les petits jets d'eau, les coqs, lapins et fleurs en plastiques qui décorent les îlots artificiels de part et d'autre du pont. Boiseries, thé ciselé en forme de fleurs dans une théière transparente, petits amuse-bouche surprenants, l'ambiance serait parfaite si les mégaphones et sifflets ne nous arrivaient pas plein pot, à peine atténués par la hauteur. On écourte donc la pause, d'autant que le thé s'infuse très vite et devient amer, et on se dirige nous aussi vers le jardin.



La foule est à peine moins dense à l'intérieur du jardin, qui donne à la fois l'impression d'être minuscule mais aussi tellement enroulé sur lui-même qu'il créé quantités de petits espaces différents et fascinants. Ici un ginko vieux de plus de 400 ans, là, là et là, et encore là, des pavillons de toutes formes et tailles, pour admirer un grand mur rocheux, d'énormes carpes dans une mare enjambée par un petit pont, la lune, un grand rocher de Jade... Jardin de contemplation, c'est un monde en miniature. Les murs d'enceinte qui séparent ces sections, blancs, portent comme tuiles faîtières les corps de dragons, qui ondulent sur des mètres et dont on croise parfois la tête, ici ou là. L'effet est saisissant mais l'affluence rend la balade moins méditative qu'elle ne pourrait l'être. Dans une petite cour, un concert de musique classique chinoise et européenne sur porcelaine (flûte, tambour, xylophone et cloches diverses, le tout en porcelaine blanche à motifs bleus) nous retient une petite demi-heure, principalement à nous interroger sur la résistance des matériaux et les problèmes d'accoustiques qui font que nous n'entendons pas la moitié des instruments. A nos oreilles occidentales, les sonorités chinoises sont assez discordantes.


 En sortant du jardin, nous nous faisons entrainer sans trop savoir comment vers le temple du Dieu de la cité. Dans un recoin, une statue du dieu de la littérature est l'objet des attentions des écoliers, coachés par leurs parents, et des étudiants, qui espèrent réussir leurs examens. La foule est ici aussi compacte et toute à ses dévotions. Au centre de l'esplanade, d'immenses braseros diffusent la fumée entêtante des milliers de batons d'encens, achetés et brulés par fagots entiers, puis jetés dans le foyer d'un mouvement sec, pour qu'ils s'y plantent et continuent de s'y consumer.






Au retour dans les petites rues, nous flânons vers le temple de Confucius, qui nous ferme ses portes au nez. Tout ferme à 16 ou 17h, un peu tôt pour nous qui commenceons nos journées tard.
En fouinant dans une papeterie, on finit par dénicher un carnet qui sera notre journal de voyage, auquel Daniel est impatient de s'atteler. Grâce à une prise de notes méticuleuse, c'est lui qui sert maintenant de base à la rédaction du blog! Il est donc immédiatement commencé, dès qu'on se pose dans un grand bar à expat' en forme de loft newyorkais sur 3 étages et terrasse, qui présente une carte tout à fait internationale mais un niveau d'anglais aussi mauvais que tout ce que nous avons croisé jusqu'ici.






2 commentaires:

  1. A Delhi, je vois deux marchés sympas: le grand marché-bazar de Chandni Chowk, et le marché plus branché de Hauz Khas, dans le quartier étudiant,avec son lac, ses mausolées, ses bars, etc...

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    1. C'est au second que ça m'a fait penser! Hauz Khas donc :) Merci papou!

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