jeudi 5 janvier 2017

De Kibune à Kurama

Samedi 22 Octobre

Bon. On a mal dormi hein... sans surprise. Pour ce soir, on décide de rembourrer les matelas de futons avec tous les vêtements qu'on peut, histoire de donner un peu de moelleux. Quelle idée aussi d'avoir des matelas si fins à même le sol!

Et puis à la guerre comme à la guerre, ce matin c'est petit dèj'-bol de céréales à tour de rôle dans le contenant des snacks salés qu'on a gardé après l'apéritif d'hier avec la cuillère du couteau militaire de Daniel. Le tout mal assis par terre devant la table basse. Confort maximal. Youhou.



Pour aujourd'hui, le plan est d'aller se balader dans le vallée de Kibune, voisine de celle de Kurama, de faire la grimpette entre les deux villages, d'aller se baigner dans la source chaude de Kurama puis d'assister au festival. Exciting!!!

Un papillon de nuit
leurré par le distributeur de boissons
Le trajet d'une demi-heure en train, dans la montagnette au nord de Kyoto, est plutôt joli, même si le temps est gris. A l'arrivée à Kibune, on snobe le bus et, faisant fi de nos courbatures de la descente de Miyajima, on remonte la seule et unique rue vers le centre-village.

Affamés, on s'arrête dans le premier restaurant qu'on voit, en amont du village, quasi vide mais manifestement conçu pour des hordes de touristes puisqu'il a de quoi asseoir une grosse centaine de personnes. On dépose nos chaussures dans des casiers en bois fermés par un loquet actionné par une grosse planchette et on va se poser près de la baie vitrée qui donne sur la rivière. Le cadre est chouette, le restaurant joli, le personnel sympathique, mais la nourriture sans grand intérêt. Ma fondue végétarienne notamment n'a aucun goût, si ce n'est celui des légumes cuits à l'eau.


Le petit village de Kibune, coincé entre la colline et la rivière, qui s'allonge le long de son unique route, est vraiment mignon et doit être adorable et rafraîchissant en été, lorsque les restaurants disposent des plates-formes directement au dessus de la rivière pour faire profiter leurs clients de sa fraîcheur.

Le joli temple shinto placé à mi-hauteur du village est dédié à la divinité de l'eau.
On y retrouve, comme souvent, des statues de chevaux du meilleur goût, qui rappellent ce temps pas si lointain où les offrandes majeures prenaient la forme de canassons, tradition qu'il a fallut arrêter faute de place dans l'enceinte des temples pour stocker les animaux. Ces statues font souvent l'objet d'offrandes et de confessions des péchés, leurs grandes oreilles les rendant aptes à écouter.

En ce passage des saisons, les tablettes votives qui sont vendues ici, en forme de feuilles d'érables, changent elles aussi de couleur. De vertes, disponibles jusqu'ici, elles sont maintenant vendues dans un ton rouge violacé qui précède et accompagne l'arrivée des Koyo (les feuilles d'automne). Des jeunes filles en kimono coloré se font tirer la bonne fortune en tirant au sort des petits papiers qui paraissent entièrement vierges mais dont le texte se révèle lorsqu'ils sont plongés dans l'eau sacrée qui glougloute le long du temple.





Comme la journée est déjà bien entamée et qu'il n'est pas recommandé de faire la petite randonnée qui sépare Kibune de Kurama à la nuit tombante (vu la densité de feuillage, il fait déjà assez sombre), on entame le chemin en mode commando. Au final, on va faire la route en 1h30 au lieu des 3h prévues par le guide. Ça grimpe sec d'abord et, après à peine un plateau, ça redescend tout aussi sec. En chemin, on croise une théorie de minuscules sanctuaires et éléments sacrés, mais rien qui nous touche particulièrement, à part vers la fin du trajet, en arrivant à Kurama.





On arrive enfin à Kurama en traversant son temple majeur, le Kurama dera, devant lequel sont exposés les sanctuaires portatifs qui seront portés en défilé durant le festival de ce soir. Celui-ci est  une fête du feu, où les habitants mâles de Kurama, vêtus d'un costume traditionnel minimaliste, trimballent dans toute la rue principale de la ville d'immenses torches qu'ils ont passé plus d'un mois à construire, en scandant ce qui ressemble à des cris guerriers et en s'affrontant dans des battles de tambours traditionnels quand plusieurs groupes se croisent à certains points précis. On a hyper hâte!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire