Dimanche 23 Octobre
Bon, le rembourrage de matelas aux vêtements, ça ne marche que moyennement. Rebelote petit déjeuner à tour de rôle dans le pot de snacks salés et on file à pieds vers le Nijo-jo, la résidence officielle à Kyoto du premier shogun Tokugawa, Ieyasu Tokugawa, construire en 1603. A l'abri de son massif rempart et de sa douve, le château est une merveille absolue.
Conçu pour afficher le prestige (et la richesse) du premier shogun, ce château est aussi une proclamation de la fin du pouvoir de l'empereur, celui-ci étant relégué au rôle de chef des traditions (religieuses) et le pouvoir réel étant aux mains du shogun. Les 3300m² du château, presque entièrement construits en cyprès, forment une enfilade de pièces longée par un long couloir. L'intérieur regroupe quantité de salle d'attentes toutes plus magnifiques les unes que les autres, entièrement décorées de peintures murales dorées ornées de tigres et de pins. Ici, l'architecture est tout entière utilisée pour renforcer les rapports sociaux : suivant le rang des visiteurs, ceux-ci étaient reçus plus ou moins loin de la sortie et dans des pièces plus ou moins somptueuses. Les tigres omniprésents rappellent la puissance des Tokugawa et ont comme objectif d'impressionner les visiteurs que la débauche de richesse n'avaient pas déjà tétanisés. Les plafonds, à caissons, sont eux aussi merveilleusement peints et colorés. Évidemment, les photos sont interdites. En voici cependant deux piquées sur le net :
| copyright wikimedia commons |
Paranoïaque, ou prudent, le shogun avait également laissé apparentes les portes coulissantes par lesquelles les gardes pouvaient entrer à tout moment dans les pièces (alors qu'elles sont plutôt dérobées dans la plupart des autres châteaux) et fait installer un plancher dit "rossignol", qui chante lorsque quelqu'un marche dessus. Ainsi, personne ne pouvait pénétrer discrètement dans le palais et s'immiscer jusque dans les appartements du shogun, beaucoup plus simples, situés à l'arrière du bâtiment. Ici, ni dorures ni tigres, mais des peintures de paysages, à l'encre noire. Des statues de cire représentent le shogun et ses courtisanes, seules autorisées à pénétrer dans les petites pièces de cyprès sombre et de panneaux de papier.
| Photo empruntée également, puisqu'on avait pas le droit d'en prendre. |
Séparé par une deuxième ligne de fortification, l'ensemble de bâtiments intérieur ne se visite pas, mais le jardin autour, oui, et il propose de très jolis points de vue sur le complexe et sur la ville en arrière-plan.
Un déjeuner de katsudon vite avalé, et on continue la balade dans les rues de Kyoto. Quelques maisons anciennes, un sanctuaire impromptu et un autre, tout décoré d'étoiles, dédié à un fameux astrologue du milieu de l’époque Heian (794-1185). On fatigue un peu, et le nombre de photos faites s'en ressent.
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| On est priés de s'arrêter |
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| Et soudain, au bout d'une rue, un Torii annonce un sanctuaire. |
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| Une parenthèse incroyable, au coeur de la ville. |
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| Ça commence à Momijiter! (à ce que les feuilles rouges rougissent) |
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| Daniel est fatigué et ça le rend joueur, et un peu pénible, mais joueur. |
Une autre groupe de dames, à qui nous proposons de les prendre en photos pour qu'elles puissent toutes être devant l'appareil, nous rendent la politesse, mais avec un succès tout relatif, nous ne gardons pas la photo.

Encore une fois, les temples ferment tôt et nous n'en aurons vu qu'une toute petite portion. En face du complexe, une boulangerie nous tend les bras. Nous y croiserons une compatriote, tellement prise par les temples qu'elle en a oublié de manger. Pour nous en tout cas, c'est la fin de séjour à Kyoto, et ça se sent. Nous passons dans un supermarché acheter quelques bricoles pour le dîner, froid, du soir, et on rentre dans notre location faire un peu d'administratif.










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