vendredi 14 avril 2017

Apprivoiser la ville

Mardi 1er-Vendredi 4 Novembre

Première petite semaine dans notre chez nous temporaire, et premiers jours depuis juin que nous ne sommes plus ensemble 24h/7 avec Daniel (à part quelques jours fin juillet), qui a repris le chemin du laboratoire et goûte aux joies du commuting tokyoïte.

Je flâne un peu dans le quartier, je complète les courses. J'apprivoise le parc tout proche et sa mare, et les rudiments de la cuisine en milieu hostile (comprendre : où on ne reconnait aucun ingrédient dans les magasins).
 





Je découvre assez rapidement qu'il y a deux petites supérettes qui vendent du bio près de chez nous, et comment trouver une lessive qui ne soit pas trop catastrophique pour l'environnement.
Internet est mon meilleur ami, et je passe beaucoup de temps sur des sites à regarder les listes de vocabulaire liés à la nourriture, ou à consulter des tutoriels sur comment se dépatouiller de plein de choses de la vie quotidienne qui ne paraissent tout d'un coup plus si évidentes. Mon site préféré devient surviving in Japan.


Dès le mardi soir, Daniel est revenu avec ses trois premiers mois de paye + l'indemnité d'installation prévue dans son contrat avec la JSPS (Japan Society for the Promotion of Science), en cash. Soit, plus de 10 000€, en coupures de 10 000yens... Ici, presque tout se fait en cash et de toute façon, nous n'avons pas encore de compte en banque local, mais il faut bien qu'on finance notre premier mois de vie sédentaire plus la location de l'appartement qu'on décidera de choisir.



Après moultes hésitations, on a décidé de lancer la procédure pour le deuxième appart, le plus petit avec la cuisine américaine, en demandant en parallèle à Kakei de bien vouloir nous organiser un deuxième round de visites sur d'autres appartements. C'est programmé pour samedi qui vient.

Nous avons également récupéré nos valises, que Yuko nous a ramenées par surprise au restaurant d'okonomiyaki où nous lui avions donné rendez-vous. Nous sommes touchés de la gentillesse et de la puissance de ce petit bout de femme qui s'est descendu nos deux grosses valises de plus de 20 kilos chacune et les a trainées sur près d'un kilomètre plutôt que de nous faire remonter les chercher chez elle. Les okonomiyaki étaient délicieuses, les serveurs manifestement ravis de nous avoir dans leur restaurant, et il ne nous restait plus qu'à rentrer "chez nous" pour nous y installer un peu plus à notre aise. Avec un peu de livres, des vêtements, quelques bricoles, l'appartement est moins sinistre, il commence à ressembler à "la maison". Même s'il est toujours sombre et froid.

Le jeudi étant férié (petite semaine pour une première : 3 jours de travail, mais c'est bien assez pour se remettre dans le bain), le collègue français de Daniel lui a proposé de se joindre à lui et au directeur français du labo pour une petite randonnée à Jimba, à 1h30 de Tokyo centre. En tant que +1, je suis également conviée. Le temps est magnifique, la randonnée pas trop difficile malgré le fait que Zac et Jean-François sont manifestement bien plus entrainés que nous, et la vue depuis là haut est magnifique.  Derrière plusieurs niveaux de collines, on aperçoit même le Fuji! Descente dans les champs de thé, une petite pause au soleil, on achète au passage un pochon de thé vert sur un petit étal au bord du chemin, douceur de l'automne qui s'approche.






Vendredi, je rejoins Jean-François, Zacharie, Daniel et les deux autres français du laboratoire NextPV, Amaury et Samy, pour un petit apéro dans le coin de Shimokitazawa, à une quinzaine de minutes de marche de leur campus. J'en profite pour me balader toute l'après-midi dans ce quartier hyper vivant, blindé de petits restaurants, de mini-bars, d'innombrables coiffeurs et de boutiques de fringues vintage. C'est coloré de partout, il y a des bars jusqu'au 5ème étage des immeubles, tout ça vous a une atmosphère bohème très sympa. Après une bière au playground, un espace sous le pont de la voie ferré meublé comme une aire de jeu pour enfants, les garçons rentrent qui chez lui, qui à l'entrainement de kick-boxing, nous laissant avec Jean-François dont c'est la dernière soirée en ville avant de rentrer en France pour quelques mois.

On dîne rapidement, de brochettes dans une minuscule gargote de rue toute proche de la station, dont le cuistot est manifestement un homme de main des yakuzas, couvert de tatouages de gangs (corde de pendu, dés, épée...). Mais il a tous ses doigts!

On se balade ensuite dans les rues que j'ai exploré cet après-midi et on jette notre dévolu sur un bar que j'avais repéré depuis la rue, un de ces fameux bars du 5e étage. Celui-ci a eu la bonne idée de pendre une guirlande lumineuse colorée le long de sa fenêtre, et c'est ce qui me l'avait fait remarqué.
Le TomBoy, comme son nom ne l'indique pas, est une sorte de bar hippie néo-babacool (la guirlande aurait du nous mettre la puce à l'oreille) avec une déco de bois flotté, une petite table en mezzanine, un portrait de Bob Marley sculpté dans une paire de tongs... C'est quasi vide quand nous y sommes, mais une photo glanée sur leur page facebook montre que c'est loin d'être toujours le cas.


Comme le veut la tradition, une fois Jean-François en route vers son aéroport, nous complétons notre maigre dîner de brochettes dans un ramen shop où on commande son plat à un distributeur qui nous crache un ticket à échanger auprès du serveur. C'est aussi l'occasion d'éponger notre verre d'alcool de patate (mais à la cannelle), avant de rentrer à Gakugei-Daigaku.

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