mardi 13 décembre 2016

Un jour et une nuit sur le Mont Koya - partie 1

Dimanche 16 Octobre - (Attention post long à multiples photos)

Aujourd'hui on va au Mont Koya! Sur ce plateau situé à 800m d'altitude, une centaine de monastères bouddhistes, dont la moitié fait chambre d'hôte, sont répartis de part et d'autre d'une rue qui relie le plus grand cimetière bouddhiste du Japon à un complexe de temples réputé magnifique. Autant dire que je suis sur des charbons ardents!

Levés aux aurores (ou presque) pour une bonne session de transport, le chauffeur du bus précédent celui que nous avions prévu de prendre nous ferme les portes au nez après nous avoir regardé courir, et démarre. Bon... sympa... heureusement qu'on avait pris un peu de marge. Au final, on attrape in extremis notre train, puis on enchaîne sans heurt ni attente le téléphérique qui monte au plateau du Koya et le bus qui nous emmène de la gare téléphérique au centre ville. Petit repérage pour s'orienter et identifier lequel des temples qui jalonnent la rue est celui dans lequel nous avons réservé une nuit, avec le sponsorship d'Anne et, après une fausse entrée par une porte de service, nous voici bientôt installés devant une table basse à couverture chauffante, avec une tasse de thé.





Comme il est largement l'heure de déjeuner, et que nous sommes là jusque demain après-midi, on commence par chercher quelque chose à manger. Après un petit tour exploratoire de l'unique rue, on jette notre dévolu sur un restaurant vegan/galerie d'art, tenu par une française et son compagnon japonais francophone et dans lequel on partage une table avec un couple israélien en voyage de noces, une guide japonaise de Kyoto en repérage pour de futures visites, puis deux jeunes étudiants, l'un indo-japonais dont la sœur est enterrée ici, et l'autre australien, venu au Japon étudier la langue.

Le couple israélien, mieux renseigné que nous, nous indique qu'il y a apparemment aujourd'hui une cérémonie unique dans l'année, où de petits gâteaux de riz sont lancés depuis la plate-forme du temple principal. Seulement, ils ne connaissent pas l'heure exacte et les propriétaires sont incapables de nous la donner. En revanche, ils nous mettent en garde contre le fait que les gâteaux sont durs et parfois lancés avec force. Une fois le déjeuner terminé on se précipite donc vers l'office du tourisme pour en savoir plus mais l'employée de l'accueil nous explique tristement que l’événement est déjà en court, et que comme il ne dure que très peu de temps, on est en train de le louper. On se dirige tout de même vers le temple, au cas où, mais nous sommes à presque 10 minutes de marche et nous croisons de nombreuses personnes qui reviennent avec des sacs gonflés de gâteaux de riz de toutes les couleurs...
Vite! vite! on va louper les gâteaux!
Tant pis. Demi-tour  car, s'il fait beau aujourd'hui, il est censé pleuvoir demain, et mieux vaudra alors être en train de visiter les temples pour pouvoir s'abriter. En chemin, on entend puis aperçoit une procession de moines promenant un temple portatif au son des gongs. Si je remâche un peu ma déception d'avoir loupé le lancer de gâteaux annuel, celle-ci s'envole assez rapidement quand on pénètre dans Oku-no-in, le cimetière-temple de Koya.



Ici, une forêt de cèdres du Japon centenaires abrite les plus de 200 000 pierres tombales de ceux qui ont choisi de passer l'éternité auprès de Kobo Daishi, l'un des moines qui a introduit le bouddhisme au Japon. Personnalités, samouraïs et shogun y côtoient des gens ordinaires ou les tombes collectives achetées par de grandes sociétés (oui oui, on y a vu Panasonic), le tout dans un étrange mélange de tombes neuves ou pluri-centenaires, sans qu'un réel plan d'occupation ne soit apparent. La balade fait une boucle de près de 4 kilomètres, qui part du pont d'accès, l'Ichi-no-hashi, mène au mausolée de Kobo Daishi et au pavillon des Lanternes et ramène à l'entrée principale.






Un ensemble de statues me met très mal à l'aise. Ces bouddhas de pierre noire, élancés, ont de petits enfants accrochés au bas des jupes et, présentent, dans leur main gauche, un fœtus doré dans sa matrice. De temps en temps, des groupes de gens manifestement importants (des pèlerins probablement), portant chacun une écharpe de couleur qui les identifient comme gens importants, passent d'un air important avec leurs guides sur le chemin principal. Nous, on explore, on furette, on se perd dans les embranchements qui rognent peu à peu sur le sous-bois. L'ambiance est extraordinaire. Mystique. Les quelques feuillus commencent à prendre leur livrée d'automne, jetant des touches de rouge dans ce décor de pierre, de bois et d'épines vertes.

 Au bout du chemin, nous passons le pont Mimyo-no-bashi, à la droite duquel s'alignent des statues de bouddha Jizo sur lesquelles les croyants versent de l'eau puisée avec une grande louche à la rivière, en offrande aux morts. De l'autre côté du pont commence le saint des saint, le Toro doro (pavillon des lanternes) et derrière, le mausolée de Kobo Daishi. Les photos y sont interdites, mais j'oublie, médusée par la beauté de l'endroit, et j'en prend quelques unes. Le pavillon des lanternes est très exactement ça, un pavillon contenant des centaines de lampes, plusieurs massives, dons de différentes personnalités de l'histoire politique du Japon et dont deux brûleraient depuis plus de 900 ans. Au sous-sol, une pièce garnies d'étagères métalliques sur lesquelles sont fixés, numérotés, des milliers de petites statuettes de bouddha, toutes identiques. En vérifiant les numéros, on en a dénombré 40 000. A côté, un autre pavillon japonais est empli de centaines et de centaines de lanternes portant chacune, une inscription différente. Sûrement, le nom d'un généreux donateur? Une petite explication serait la bienvenue pour ces deux endroits et je me mords les doigts de ne pas avoir téléchargé l'audioguide proposé à l'office du tourisme. On découvre en sortant du hall un espace de repos et de thé gratuit, dont on décide de profiter. Tenu au chaud dans d'immenses marmites communes où on se sert avec une louche, le thé est sombre, un peu fort et amer.





La deuxième partie de la boucle est plus moderne (on voit même une tombe pour l'une des fusées Apollo ayant explosé au décollage!). Plus lumineuse aussi, car le dense couvert de pins laisse ici place à des espaces dégagés et à des feuillus, dont les fameux érables du Japon dont les feuilles commencent à rougir.






Bouge pas, tu as un moustique!
Le dîner qui nous est servi au temple étant à 6h tapante, nous avons été priés d'être là dès 5h30, juste le temps d'un dernier tour dans la rue pour voir les boutiques. La cuisine du temple est une cuisine de dévotion, le Shojin-ryori (oui, la cuisine en japonais, ça se prononce "riz-au-riz", héhé), qui doit respecter les préceptes bouddhistes et est basée sur le concept dharmique de non-violence. Elle est donc végétarienne, et présente tout un ensemble de petits plats alléchants et goûteux, des légumes marinés, du tofu au sésame, des tempura, de la soupe miso. Le tout généreusement accompagné de riz et de thé.


On enfile ensuite les pyjamas mis à notre disposition pour aller au bain commun (et non mixte) du temple avant qu'il ne ferme pour la nuit.
Seyant, non?
Après m'être déshabillée dans une première pièce, j'entre dans une seconde pièce qui contient des douches en rang d'oignon contre un mur agrémenté de miroirs et un grand bain où peuvent s'immerger facilement une quinzaine de personnes et dans lequel coule en continu un flux d'eau chaude depuis une bouche dans le mur. Elle contient également deux autres femmes, japonaises, en train de se laver. Je fais donc comme elles et commence par me laver, assise sur un petit tabouret, puis vais m'immerger jusqu'au cou dans le bain. Chaud... J'en ressort tellement toute relaxée et molle que, d'un commun accord avec Daniel que je retrouve dans notre chambre tout aussi ramolli que moi, nous abandonnons l'idée de ressortir pour voir la ville de nuit. Pas question de ressortir dans le froid, après tout ce chaud. Et puis ce n'est pas tout ça, il est tout de même déjà 8h, il est grand temps de se coucher! Cette torpeur nous arrange bien, vu qu'on a prévu de se lever demain pour assister au service du matin, à 6h.

lundi 12 décembre 2016

Nara, ou le paradis des petits daims

Samedi 15 Octobre

En route pour l'étape suivante du trajet que nous a concocté Daniel pour ces trois semaines de découverte du Japon : Nara. Première capitale permanente de l'histoire du Japon, elle a été établie en 710, à une époque où le Japon traversait un intense processus d'absorption des idées chinoises. Cette période a vu se former les fondements de la civilisation et de la culture du Japon comme pays, et a eu des impacts majeurs sur la religion, l'urbanisme, l'architecture, la langue et les arts japonais. La ville possède également huit sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, et des milliers de daims à moitié apprivoisés. Autant dire que mes attentes étaient élevées.

Mais notre première mission en arrivant est d'abord de gérer l'annulation de notre couchsurfing à Hiroshima. Notre hôte est enceinte et a des contractions, elle a peur de ne pas pouvoir nous héberger et préfère annuler. vu que c'était notre seule demande qui avait abouti et que nous nous faisions un plaisir de partager le quotidien d'une famille japonaise, nous sommes extrêmement déçus. On trouve heureusement rapidement un Airbnb de remplacement, mais l'envie n'est pas la même. Après avoir déposé les bagages à la consigne et un déjeuner rapide dans une des galeries marchandes de la ville, on file visiter les sites. On a décidé de suivre plus ou moins le plan donné par le Lonely pour faire le tour de ce qu'il y a à visiter. D'abord, donc, le Kofuku-ji, anciennement un ensemble de plus de 175 bâtiments, dont seule une douzaine ont survécu aux conflits et incendies (évidemment, quand on construit tout en bois...). Parmi ceux-ci, la deuxième plus haute pagode du japon, forte de cinq étages, et un adorable petit temple octogonal auquel on accède par une volée de marche pittoresque.


Direction ensuite le Todai-ji ("le grand temple de l'est"), dont le Daibutsu-den (la salle du grand bouddha) est la plus grande construction couverte en bois du monde (47 mètres de haut, 57 de long et 52 de large!). Dans sa dernière reconstruction, qui date de 1709, le bâtiment a pourtant perdu un tiers de sa longueur et 40 mètres de haut! 
Mais avant ce choc, on voit nos premiers daims, mâchonnant nonchalamment au milieu de la route ou sur les pelouses, suivant des touristes dans l'espoir d'un gâteau ou furetant dans les entrées des magasins, ils sont partout! Et sacrés. On fait également, par hasard, un arrêt à un temple que nous renommons "des températures ultrafroides", en référence aux travaux de thèse de Daniel. Dédié à ceux qui font le commerce de la glace, celui-ci arbore en effet un gros glaçon dans un bac à l'entrée (il doit bien faire 25°C au soleil).

Pompompom, il n'y aurait pas quelque chose à manger par ici?
On entre enfin dans l'enceinte du temple au travers de la massive Nandai-mon, flanquée de ses deux redoutables et musculeux gardiens Nio. Entre la porte et l'enceinte du Todai-jo, un attroupement s'est formé le long du lac et on entend de curieux sons scandés. On s'approche évidement et on réussi à se faufiler sur deux chaises libres pour assister à un bout de représentation de théâtre Nô, aux mouvements extrêmement lents et stylisés et à la parole presque chantée, scandée par un petit orchestre traditionnel. Malgré un petit dépliant d'explications en anglais, et l'importance culturelle majeure de cette forme théâtrale (une des première inscrites au patrimoine mondial immatériel), on s'ennuie rapidement et on s'éclipse discrètement.


Encore près de quelques dizaines de mètres, et alors qu'on pénètre dans l'enceinte du temple, le Daibutsu-den se révèle.
Au fond, les visiteurs donnent l'échelle : ils arrivent au quart de la hauteur des portes.
 Le bâtiment est en effet colossal et sa forme finalement très simple ne fait que renforcer sa présence. Mais le plus impressionnant reste à venir.
 
Une des plus grandes statues de bronze au monde.
16m de haut pour 440kg de bronze et 130kg d'or.

Les pétales de lotus en bronze au pied de la plate-forme où trône le Bouddha.
Chacune fait la taille d'un homme.
En contournant la statue, on tombe sur un pilier dont la base est percée d'un trou qui fait exactement la taille d'une des narines du grand Bouddha et dont on dit que celui qui arrive à y passer connaîtra l'éveil. Une file de candidats s'est formée, principalement des enfants mais quelques adultes fluets également.

En suivant toujours notre plan, on contourne le lac et on part dans les hauteurs du parc. C'est l'occasion d'une jolie balade boisée vers l'un des deux petits temples secondaires du Todai-ji, le Nigatsu-do, dont la galerie donne une très belle vue sur Nara et où, pour la première fois, nous voyons une salle de repos avec du thé à disposition. C'est aussi le moment d'une petite pause café et sucreries qui nous apporte notre dose quotidienne de farine de soja grillée et pâte d'azuki et de rencontres avec un tout petit daim pas farouche. 

On a d'ailleurs commencé une chorégraphie, la chorégraphie de "tous ces petits daims", qui se termine comme il se doit avec les mains sur la tête en forme de cornes.

 
A peine plus loin, alors qu'on tombe sur une femelle et son tout petit au sortir d'un temple en plein foret, je finis par craquer et acheter des gâteaux dans une des nombreuses petites boutiques, pour aller nourrir le tout petit daim trop mignon. Mais il me faut d'abord réussir à éloigner sa mère, qui ne lui laisse aucune chance d'attraper ce que je tend, et deux autres bestiaux venus quémander aussi. Avec l'aide de Daniel, j'arrive à mes fins, et me retrouve à essayer de nourrir le plus timide des daims que nous avons vu jusqu'ici. Lancer un petit bout, pas trop près, ni trop loin, attendre qu'il s'approche pour l'attraper, puis reculer vivement, lancer un autre petit bout, tout en gardant un œil aux aguets pour repousser toute intrusion maternelle. Curieux balet.

Nan, c'est pas pour toi!
C'est pour lui... Tout petit kikiiii 

Il mange!!!
 Alors qu'on redescend vers la ville, on décide d'arrêter de suivre le plan (c'est à ça que servent les plans) et de se perdre dans la ville. Autre visage complètement, d'une Nara plus moderne. Un grand Torii en bas d'une volée de marche nous fait de l’œil, et on monte pour trouver en haut un concert d'électro minimaliste hébergé dans le temple. Collision des univers.





Récupération des sacs à la consigne de la gare, check-in au Airbnb, on découvre un petit studio relativement peu fonctionnel, au lit hyper dur et un peu bruyant. Bon, au moins c'est pas cher... (pour référence : https://www.airbnb.fr/rooms/15368066) et il y a du wifi! On skype les parents puis on part en ville dîner.

On arpente sans trop de succès les galeries marchandes hyper illuminées et modernes, contrepoint bizarre à la journée toute de temples et de traditions. Comme notre guide a déjà quelques années, et que la rotation des restaurants est extrêmement rapide au Japon, affamés, on fini par choisir au hasard un restaurant de croquettes frites. C'est bon, satisfaisant, pas très raffiné et un peu bruyant. Après le repas, on décide d'aller voir les petits daims faire dodo et se balader dans le Kofuku-ji, qui n'est pas fermé de nuit. Immense déception, les daims, toujours aussi placides, sont tout à fait réveillés et mâchonnant. Par contre les bâtiments religieux sont magnifiquement éclairés.



Kyoto en amoureux - 2e partie

Vendredi 14 Octobre

Au programme de cette deuxième journée : plein de choses! On commence donc par un petit déjeuner consistant (bol de nouilles dans une gargotte), on obtient un plan de bus et un pass à la journée, et c'est parti!

Première étape, le Koryuji, un complexe de temple plutôt plus modeste que nombre de ceux que nous verrons, mais qui nous a retournés. Il semblerait que ce soit le plus vieux de Kyoto.





Au milieu d'un espace que se partagent bassin, mousse, gravillons et chemins dallés, la Reiho-kan Treasure House abrite, dans une présentation qui fait plutôt penser à un musée même s'il s'agit malgré tout d'un lieu de prière, des statues de bois de plus de 10 siècles. Parmi celles-ci,12 déités gardiennes aux expressions féroces, dont la finesse de gravure donne l'impression qu'elles vont se mettre à bouger d'un instant à l'autre. Si la pièce maîtresse de la collection est censée être un Bouddha du futur méditant dans la position du demi lotus, et dont les traits et le demi sourire sont considérés comme les plus beaux qu'ils soient, celle qui me fait m'asseoir en contemplation est toute différente. Il s'agit d'un colossal bouddha, de bois lui aussi, aux multiples bras, dont nombreux ont perdu leurs mains, et dont le visage, fendu par le milieu, a gardé une sérénité et une beauté bouleversantes. A le regarder, dans la pénombre de ce temple-musée, on dirait qu'il médite depuis 10 siècles, que le temps lui a arraché des membres, fendu le nez, mais que rien de ce qui est terrestre et corporel ne peut troubler son extase.

On ressort tout secoués de là et, même si tout le reste du complexe, qui a l'air magnifique, est fermé à la visite, on ne regrette pas notre billet d'entrée.

En route vers notre prochaine destination, le complexe de temples de Myoshinj, on tombe sur un morceau de forêt, en pleine ville. Un vrai, qui sent la forêt, avec des sentiers qui grimpent et qui redescendent, des arbres denses qui font disparaître les immeubles et de quoi marcher pendant une grosse quinzaine de minutes.


Le complexe de Myoshinji est immense. Autour du temple principal (qui est le temple central de l’école Myoshinji du Boudhisme Rinzai Zen) sont répartis une quarantaine de temples construits par les disciples des grands prêtres. L’ensemble s’inscrit dans un quadrilatère de rues dallées qui pourraient le faire ressembler à une banlieue pavillonnaire si tous les bouts de toits aperçut au-dessus des murets n’avaient pas la forme caractéristique cintrée et arrondie des toits de temples. Sur le nombre, seuls trois sont ouverts au public mais, à travers les barrières ou par-dessus les murets, on grappille quelques vues.


Suivant les recommandations de notre guide, on a manœuvré pour arriver par le haut de l’ensemble et le traverser jusqu’au Tenryu-ji, dont le Hatto (hall de lecture des sutras boudhistes) possède un plafond peint d’un « dragon regardant dans les huit directions », dont on dit qu’il regarde toujours le visiteur. Il s’agit d’une sorte de trompe l’œil qui semble soit s’élever vers le ciel soit fondre vers la terre en fonction de l’endroit dont on le voit. Avec deux touristes japonaises, nous avons une visite quasi privée du lieu, heureusement assortie d’un dépliant en anglais pour suivre un peu les explications de notre guide, très consciencieuse et suivie comme son ombre par une supérieure qui semble la former. Nous sommes invités à nous déplacer le long du mur de la pièce et effectivement, environ au milieu du hall, le mouvement semble s’inverser.

Une des autres attractions principales du Myoshinji est son jardin, le Taizo-in. Jardins de gravillons ratissés, l’un noir, l’autre blanc, enserrant un petit chemin, immense cerisier pleureur qui doit être une merveille en saison, petite rivière artificielle glougloutant en cascade dans un décor de mousses et de mini-collines ou les arbres aux feuilles très fines donnent de la profondeur au décor, rien ne manque à cet adorable cliché de jardin japonais.


En bus toujours, non sans s'être trompés de direction, on rejoint le Kinkakuji, le pavillon d'or du temple Rokuon-ji. Ancienne résidence du shogun Yoshimitsu Ashikaga, cette villa au bord de la berge d'un petit lac semble flotter sur les eaux selon les points de vue. Elle se compose de trois niveaux et mélange les architectures, comme c'est souvent le cas des bâtiments ici. Le rez-de-chaussée est construit dans le style des palais de l'époque Heian (794-1185), le premier étage suit le style des maisons de samouraï et le deuxième étage celui des temples Zen. Après la mort du shogun, la bâtisse a été transformée en temple par son fils, en faveur duquel il avait abdiqué. A cette occasion, le second niveau est recouvert de feuilles d'or. Le temple actuel date de 1955. Il a été reconstruit à l'identique après avoir été incendié par un moine fou et les deux niveaux supérieurs ont été dorés à la feuille et recouverts de laque pour les protéger des intempéries.

Peut-être parce qu'on a du se dépêcher pour arriver avant que le temple ne ferme (il est près de 16h30 quand même...), peut-être parce qu'on a pas vraiment déjeuné et qu'on est grognons, ou parce qu'il y a beaucoup de touristes, on arrive pas vraiment à se pénétrer de l'ambiance des lieux, qui pourrait pourtant être magique. C'est certes magnifique, mais on trouve difficilement un angle nous permettant de prendre une photo (identique à celle de tous les autres touristes) sans gros touristes fluo dessus, ça parle fort, on se fait cornaquer par les gardiens... pas idéal pour s’abîmer dans la contemplation.

Une photo prise entre deux touristes, l'illusion du calme.



Souper dans un restaurant dont les plats végétariens sont chaudement recommandés par le Lonely mais qui nous laisse un peu déçus, d'autant qu'on voit la dernière part de tarte à la citrouille nous passer sous le nez. Par contre l'endroit est charmant. Une petite pause contre la vitre du Starbucks, pour essayer de capter un peu de wifi (échec cuisant de mon iphone, comme souvent, je commence à me dire qu'il va passer par la fenêtre celui là...) et on rentre faire un dernier dodo à Kyoto, pour cette fois.