Dimanche 16 Octobre - (Attention post long à multiples photos)
Aujourd'hui on va au Mont Koya! Sur ce plateau situé à 800m d'altitude, une centaine de monastères bouddhistes, dont la moitié fait chambre d'hôte, sont répartis de part et d'autre d'une rue qui relie le plus grand cimetière bouddhiste du Japon à un complexe de temples réputé magnifique. Autant dire que je suis sur des charbons ardents!
Levés aux aurores (ou presque) pour une bonne session de transport, le chauffeur du bus précédent celui que nous avions prévu de prendre nous ferme les portes au nez après nous avoir regardé courir, et démarre. Bon... sympa... heureusement qu'on avait pris un peu de marge. Au final, on attrape in extremis notre train, puis on enchaîne sans heurt ni attente le téléphérique qui monte au plateau du Koya et le bus qui nous emmène de la gare téléphérique au centre ville. Petit repérage pour s'orienter et identifier lequel des temples qui jalonnent la rue est celui dans lequel nous avons réservé une nuit, avec le sponsorship d'Anne et, après une fausse entrée par une porte de service, nous voici bientôt installés devant une table basse à couverture chauffante, avec une tasse de thé.
Comme il est largement l'heure de déjeuner, et que nous sommes là jusque demain après-midi, on commence par chercher quelque chose à manger. Après un petit tour exploratoire de l'unique rue, on jette notre dévolu sur un restaurant vegan/galerie d'art, tenu par une française et son compagnon japonais francophone et dans lequel on partage une table avec un couple israélien en voyage de noces, une guide japonaise de Kyoto en repérage pour de futures visites, puis deux jeunes étudiants, l'un indo-japonais dont la sœur est enterrée ici, et l'autre australien, venu au Japon étudier la langue.
Le couple israélien, mieux renseigné que nous, nous indique qu'il y a apparemment aujourd'hui une cérémonie unique dans l'année, où de petits gâteaux de riz sont lancés depuis la plate-forme du temple principal. Seulement, ils ne connaissent pas l'heure exacte et les propriétaires sont incapables de nous la donner. En revanche, ils nous mettent en garde contre le fait que les gâteaux sont durs et parfois lancés avec force. Une fois le déjeuner terminé on se précipite donc vers l'office du tourisme pour en savoir plus mais l'employée de l'accueil nous explique tristement que l’événement est déjà en court, et que comme il ne dure que très peu de temps, on est en train de le louper. On se dirige tout de même vers le temple, au cas où, mais nous sommes à presque 10 minutes de marche et nous croisons de nombreuses personnes qui reviennent avec des sacs gonflés de gâteaux de riz de toutes les couleurs...
Tant pis. Demi-tour car, s'il fait beau aujourd'hui, il est censé pleuvoir demain, et mieux vaudra alors être en train de visiter les temples pour pouvoir s'abriter. En chemin, on entend puis aperçoit une procession de moines promenant un temple portatif au son des gongs. Si je remâche un peu ma déception d'avoir loupé le lancer de gâteaux annuel, celle-ci s'envole assez rapidement quand on pénètre dans Oku-no-in, le cimetière-temple de Koya.
Ici, une forêt de cèdres du Japon centenaires abrite les plus de 200 000 pierres tombales de ceux qui ont choisi de passer l'éternité auprès de Kobo Daishi, l'un des moines qui a introduit le bouddhisme au Japon. Personnalités, samouraïs et shogun y côtoient des gens ordinaires ou les tombes collectives achetées par de grandes sociétés (oui oui, on y a vu Panasonic), le tout dans un étrange mélange de tombes neuves ou pluri-centenaires, sans qu'un réel plan d'occupation ne soit apparent. La balade fait une boucle de près de 4 kilomètres, qui part du pont d'accès, l'Ichi-no-hashi, mène au mausolée de Kobo Daishi et au pavillon des Lanternes et ramène à l'entrée principale.
Un ensemble de statues me met très mal à l'aise. Ces bouddhas de pierre noire, élancés, ont de petits enfants accrochés au bas des jupes et, présentent, dans leur main gauche, un fœtus doré dans sa matrice. De temps en temps, des groupes de gens manifestement importants (des pèlerins probablement), portant chacun une écharpe de couleur qui les identifient comme gens importants, passent d'un air important avec leurs guides sur le chemin principal. Nous, on explore, on furette, on se perd dans les embranchements qui rognent peu à peu sur le sous-bois. L'ambiance est extraordinaire. Mystique. Les quelques feuillus commencent à prendre leur livrée d'automne, jetant des touches de rouge dans ce décor de pierre, de bois et d'épines vertes.
Au bout du chemin, nous passons le pont Mimyo-no-bashi, à la droite duquel s'alignent des statues de bouddha Jizo sur lesquelles les croyants versent de l'eau puisée avec une grande louche à la rivière, en offrande aux morts. De l'autre côté du pont commence le saint des saint, le Toro doro (pavillon des lanternes) et derrière, le mausolée de Kobo Daishi. Les photos y sont interdites, mais j'oublie, médusée par la beauté de l'endroit, et j'en prend quelques unes. Le pavillon des lanternes est très exactement ça, un pavillon contenant des centaines de lampes, plusieurs massives, dons de différentes personnalités de l'histoire politique du Japon et dont deux brûleraient depuis plus de 900 ans. Au sous-sol, une pièce garnies d'étagères métalliques sur lesquelles sont fixés, numérotés, des milliers de petites statuettes de bouddha, toutes identiques. En vérifiant les numéros, on en a dénombré 40 000. A côté, un autre pavillon japonais est empli de centaines et de centaines de lanternes portant chacune, une inscription différente. Sûrement, le nom d'un généreux donateur? Une petite explication serait la bienvenue pour ces deux endroits et je me mords les doigts de ne pas avoir téléchargé l'audioguide proposé à l'office du tourisme. On découvre en sortant du hall un espace de repos et de thé gratuit, dont on décide de profiter. Tenu au chaud dans d'immenses marmites communes où on se sert avec une louche, le thé est sombre, un peu fort et amer.
La deuxième partie de la boucle est plus moderne (on voit même une tombe pour l'une des fusées Apollo ayant explosé au décollage!). Plus lumineuse aussi, car le dense couvert de pins laisse ici place à des espaces dégagés et à des feuillus, dont les fameux érables du Japon dont les feuilles commencent à rougir.
Le dîner qui nous est servi au temple étant à 6h tapante, nous avons été priés d'être là dès 5h30, juste le temps d'un dernier tour dans la rue pour voir les boutiques. La cuisine du temple est une cuisine de dévotion, le Shojin-ryori (oui, la cuisine en japonais, ça se prononce "riz-au-riz", héhé), qui doit respecter les préceptes bouddhistes et est basée sur le concept dharmique de non-violence. Elle est donc végétarienne, et présente tout un ensemble de petits plats alléchants et goûteux, des légumes marinés, du tofu au sésame, des tempura, de la soupe miso. Le tout généreusement accompagné de riz et de thé.
On enfile ensuite les pyjamas mis à notre disposition pour aller au bain commun (et non mixte) du temple avant qu'il ne ferme pour la nuit.
Après m'être déshabillée dans une première pièce, j'entre dans une seconde pièce qui contient des douches en rang d'oignon contre un mur agrémenté de miroirs et un grand bain où peuvent s'immerger facilement une quinzaine de personnes et dans lequel coule en continu un flux d'eau chaude depuis une bouche dans le mur. Elle contient également deux autres femmes, japonaises, en train de se laver. Je fais donc comme elles et commence par me laver, assise sur un petit tabouret, puis vais m'immerger jusqu'au cou dans le bain. Chaud... J'en ressort tellement toute relaxée et molle que, d'un commun accord avec Daniel que je retrouve dans notre chambre tout aussi ramolli que moi, nous abandonnons l'idée de ressortir pour voir la ville de nuit. Pas question de ressortir dans le froid, après tout ce chaud. Et puis ce n'est pas tout ça, il est tout de même déjà 8h, il est grand temps de se coucher! Cette torpeur nous arrange bien, vu qu'on a prévu de se lever demain pour assister au service du matin, à 6h.
Aujourd'hui on va au Mont Koya! Sur ce plateau situé à 800m d'altitude, une centaine de monastères bouddhistes, dont la moitié fait chambre d'hôte, sont répartis de part et d'autre d'une rue qui relie le plus grand cimetière bouddhiste du Japon à un complexe de temples réputé magnifique. Autant dire que je suis sur des charbons ardents!
Levés aux aurores (ou presque) pour une bonne session de transport, le chauffeur du bus précédent celui que nous avions prévu de prendre nous ferme les portes au nez après nous avoir regardé courir, et démarre. Bon... sympa... heureusement qu'on avait pris un peu de marge. Au final, on attrape in extremis notre train, puis on enchaîne sans heurt ni attente le téléphérique qui monte au plateau du Koya et le bus qui nous emmène de la gare téléphérique au centre ville. Petit repérage pour s'orienter et identifier lequel des temples qui jalonnent la rue est celui dans lequel nous avons réservé une nuit, avec le sponsorship d'Anne et, après une fausse entrée par une porte de service, nous voici bientôt installés devant une table basse à couverture chauffante, avec une tasse de thé.
Comme il est largement l'heure de déjeuner, et que nous sommes là jusque demain après-midi, on commence par chercher quelque chose à manger. Après un petit tour exploratoire de l'unique rue, on jette notre dévolu sur un restaurant vegan/galerie d'art, tenu par une française et son compagnon japonais francophone et dans lequel on partage une table avec un couple israélien en voyage de noces, une guide japonaise de Kyoto en repérage pour de futures visites, puis deux jeunes étudiants, l'un indo-japonais dont la sœur est enterrée ici, et l'autre australien, venu au Japon étudier la langue.
Le couple israélien, mieux renseigné que nous, nous indique qu'il y a apparemment aujourd'hui une cérémonie unique dans l'année, où de petits gâteaux de riz sont lancés depuis la plate-forme du temple principal. Seulement, ils ne connaissent pas l'heure exacte et les propriétaires sont incapables de nous la donner. En revanche, ils nous mettent en garde contre le fait que les gâteaux sont durs et parfois lancés avec force. Une fois le déjeuner terminé on se précipite donc vers l'office du tourisme pour en savoir plus mais l'employée de l'accueil nous explique tristement que l’événement est déjà en court, et que comme il ne dure que très peu de temps, on est en train de le louper. On se dirige tout de même vers le temple, au cas où, mais nous sommes à presque 10 minutes de marche et nous croisons de nombreuses personnes qui reviennent avec des sacs gonflés de gâteaux de riz de toutes les couleurs...
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| Vite! vite! on va louper les gâteaux! |
Ici, une forêt de cèdres du Japon centenaires abrite les plus de 200 000 pierres tombales de ceux qui ont choisi de passer l'éternité auprès de Kobo Daishi, l'un des moines qui a introduit le bouddhisme au Japon. Personnalités, samouraïs et shogun y côtoient des gens ordinaires ou les tombes collectives achetées par de grandes sociétés (oui oui, on y a vu Panasonic), le tout dans un étrange mélange de tombes neuves ou pluri-centenaires, sans qu'un réel plan d'occupation ne soit apparent. La balade fait une boucle de près de 4 kilomètres, qui part du pont d'accès, l'Ichi-no-hashi, mène au mausolée de Kobo Daishi et au pavillon des Lanternes et ramène à l'entrée principale.
Un ensemble de statues me met très mal à l'aise. Ces bouddhas de pierre noire, élancés, ont de petits enfants accrochés au bas des jupes et, présentent, dans leur main gauche, un fœtus doré dans sa matrice. De temps en temps, des groupes de gens manifestement importants (des pèlerins probablement), portant chacun une écharpe de couleur qui les identifient comme gens importants, passent d'un air important avec leurs guides sur le chemin principal. Nous, on explore, on furette, on se perd dans les embranchements qui rognent peu à peu sur le sous-bois. L'ambiance est extraordinaire. Mystique. Les quelques feuillus commencent à prendre leur livrée d'automne, jetant des touches de rouge dans ce décor de pierre, de bois et d'épines vertes.
Au bout du chemin, nous passons le pont Mimyo-no-bashi, à la droite duquel s'alignent des statues de bouddha Jizo sur lesquelles les croyants versent de l'eau puisée avec une grande louche à la rivière, en offrande aux morts. De l'autre côté du pont commence le saint des saint, le Toro doro (pavillon des lanternes) et derrière, le mausolée de Kobo Daishi. Les photos y sont interdites, mais j'oublie, médusée par la beauté de l'endroit, et j'en prend quelques unes. Le pavillon des lanternes est très exactement ça, un pavillon contenant des centaines de lampes, plusieurs massives, dons de différentes personnalités de l'histoire politique du Japon et dont deux brûleraient depuis plus de 900 ans. Au sous-sol, une pièce garnies d'étagères métalliques sur lesquelles sont fixés, numérotés, des milliers de petites statuettes de bouddha, toutes identiques. En vérifiant les numéros, on en a dénombré 40 000. A côté, un autre pavillon japonais est empli de centaines et de centaines de lanternes portant chacune, une inscription différente. Sûrement, le nom d'un généreux donateur? Une petite explication serait la bienvenue pour ces deux endroits et je me mords les doigts de ne pas avoir téléchargé l'audioguide proposé à l'office du tourisme. On découvre en sortant du hall un espace de repos et de thé gratuit, dont on décide de profiter. Tenu au chaud dans d'immenses marmites communes où on se sert avec une louche, le thé est sombre, un peu fort et amer.
La deuxième partie de la boucle est plus moderne (on voit même une tombe pour l'une des fusées Apollo ayant explosé au décollage!). Plus lumineuse aussi, car le dense couvert de pins laisse ici place à des espaces dégagés et à des feuillus, dont les fameux érables du Japon dont les feuilles commencent à rougir.
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| Bouge pas, tu as un moustique! |
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On enfile ensuite les pyjamas mis à notre disposition pour aller au bain commun (et non mixte) du temple avant qu'il ne ferme pour la nuit.
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| Seyant, non? |

























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