mercredi 14 décembre 2016

Koya - suite et fin

Lundi 17 Octobre

Réveil à 6h pour assister au service du matin. Il pleut des cordes. On s’habille chaudement et on se dirige vers le lieu de prière. Un chemin de moquette nous guide et le suit jusqu'à s'asseoir à côté des autres touristes, sur un banc le long du mur qui fait face au cœur du temple. Sur un tapis, entre nous et le « cœur », des pèlerins ont pris place. Et une touriste arrivée trop tard pour trouver une place sur le banc. 

La cérémonie dure environ une demi-heure mais ça me semble long car aucune explication, aucune proposition de participation ne nous est faite. On est là, assis contre un mur froid, à regarder les trois moines officier, psalmodier et frapper sur un gong à des moments qu’eux seuls comprennent. La seule occasion que nous avons d’être plus que spectateurs est au moment où l’un des moines nous propose de venir prier devant le feu. Un à un, les pèlerins se lèvent, se baignent dans la fumée de l’encens, prient, et retournent s’asseoir. Puis c’est au tour de ceux du bout du banc, et la ligne de prière s’avance vers nous. Je grommelle vers Daniel un « Moi j’y vais pas hein ! », mais un précédent touriste me sauve de l’embarras d’être la première à ne pas aller prier.

Retour dans notre chambre, pas très convaincus, mais accueillis par un petit déjeuner qui ressemble au dîner de la veille, en moins élaboré. Il pleut toujours, et on décide d’attendre voir si ça passe. Les futons ont été repliés et la table remise au centre mais, alors que Daniel feuillette les guides et écrit notre carnet de voyage, je fais le rouleau de printemps dans l’une des couettes de futon, et fini par m’endormir. J’émerge vers 10h. La pluie s’est calmée et, équipés au cas où ça reprenne, on décide de se mettre en mouvements.


On commence par aller se perdre un peu du côté de la Daimon, la grande porte, qui marque l’entrée du site depuis l’autre bout du plateau. Le soleil perce et nous offre une jolie vue sur les collines environnantes. Saturé d’humidité, l’air est lourd, et on se retrouve rapidement à se débarrasser de nos diverses couches de vêtements. On débute une balade dans la colline mais, rapidement, on se rend compte qu’à part passer sous des Torii à l’infini, on ne sait pas où celle-ci nous mène, le chemin est trempé et mes chaussures décousues, et en plus il y a des ours, en tout cas c’est ce que dit la pancarte. 

 

 
Bref, je suis grognon et on fait demi-tour vers le Danjo Garan. Le site est exceptionnel, d’autant que la pluie a imbibé les toits de chaume des temples, qui sèchent en fumant. La grande pagode, trop souvent détruite par le feu, a finalement été reconstruite en … béton. A c’est sûr, là, le feu, il va moins faire le malin ! Mais c’est moche ! Orange vif et neuve comme un temple chinois, massive, elle est cependant rattrapée par son intérieur exceptionnel qui figure un mandala en 3D, une forêt de piliers portants les peintures de différentes divinités. 



Le musée, où on va aussi puisqu’on a pris un pass à 1500 yen qui nous fait faire le grand tour du site, manque cruellement d’explications pour être vraiment intéressant, même s’il contient quelques belles pièces. Notamment un parchemin somptueux, au papier bleu indigo et aux écritures à l’encre d’or. Un troupeau de touristes horribles, qui traitent leur guide japonais et la culture du pays avec un mépris affolant, termine de nous gâcher la visite du musée.

Une rapide pause déjeuner, un passage à l’office du tourisme pour bénéficier du wifi et gérer notre arrivée à Osaka le soir-même, et on repart à la découverte du grand temple. Le complexe dégage une impression de grande sérénité et le bâtiment central est une merveille de pièces à tatami aux portes coulissantes peintes. Les photos y sont interdites, mais pour une visite virtuelle du temple, vous pouvez suivre ce lien : Guide du temple Kongobuji. On y a le droit à une tasse de thé et un petit gâteau dans une immense salle ultra moderne de 169 tatamis, construite en 1984, qui sert de lieu de repos pour les pèlerins et les visiteurs et de lieu de prêche pour la communauté monastique. Spécificité du temple, on y a également accès aux anciennes cuisines, utilisées jusqu'en 1975, et dont murs et plafonds sont noirs de suie. Au centre, trône un immense fourneau traditionnel avec trois chaudrons, permettant de nourrir jusqu'à 2000 personnes.

Le jardin de pierre Banryutei, créé lui aussi en 1984 à l’occasion de la commémoration des 1150 ans écoulés depuis la mort de Kobo Daishi, est, le plus grand du japon. Particulièrement magnifique, il justifierait à lui tout seul une visite au Mont Koya. Il figure deux dragons, un mâle et une femelle, se faisant face dans une mer de nuages.
 

Depuis notre arrivée à Koya, on commence vraiment à voir nos premières feuilles rouges, qu'on attend avec impatience et qui nous avaient été promises pour fin octobre début novembre. On s’essaye donc à tout un tas d’angles et de réglages pour rendre un minimum la couleur incroyable de ces érables en automne. Autant de photos que vous allez voir défiler. Vous n'êtes pas prêts de ne plus voir de feuilles rouges :)
 

Il est presque l’heure de prendre le bus de retour, pour ne pas louper le téléphérique qui nous emmènera au train pour Osaka (manque plus qu’une bicyclette là-dedans et on aura fait le tour des moyens de transports terrestres). On récupère donc nos sacs et on décide de marcher un peu vers les prochains arrêts de bus, afin d’aller voir le mausolée Tokugawa dont un gros chat garde la porte. Construit par Iemisu Tokugawa en l'honneur de son grand-père et de son père, premiers de la lignée d'une des familles majeures de shogun ayant participé à l'unification du pays, le double mausolée présente un style typique de l'époque Edo et se distingue par son architecture d'une grande finesse.
 
 


En attendant le bus

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