Mardi 25 Octobre
Au réveil, quelques nouvelles de la France nous mettent le nez dans la totale déconnexion du réel de certains de nos hommes politiques (les suites de l'affaire Coppé contre petit pain au chocolat, sous la forme d'un témoignage de médecin outré de cette évaluation fantaisiste du prix de la vie en regard des difficultés de ses patients âgés à se soigner correctement). Avec la mesure qui me caractérise, je fulmine que tout député ou ministre ne devrait pouvoir être élu que s'il a une expérience du vrai coût de la vie et donc du travail, et un casier judiciaire vierge, pour faire bonne mesure. Nous nous jetons donc dans une grande discussion politique qui nous tient jusqu'au repas du midi, que nous prenons dans une sorte de chaîne de resto à la qualité tout à fait acceptable.
Aujourd'hui, je voulais aller à Nagahama, une petite ville un peu plus loin sur le lac. Dans ce que j'avais imaginé de notre séjour, on y aurait été à pied en faisant une grande rando sympa sur les bords du lac, ou peut-être en vélo. En vrai, il pleut et ce n'est pas le lac Léman ici, les berges sont loin d'être agréablement arrangées pour la promenade. On prend donc le train. Et nos parapluies/Kways.
L'arrivée à la station nous met directement dans le bain, Nagahama est une ville réputée pour son travail du verre.
C'est aussi, et presque surtout, une petite ville très mignonne, avec de nombreuses boutiques d'artisanat, principalement autour du matériau transparent mais pas que. Petits cafés sympas et boutiques de design tendance écolo-hipster, voisinent avec de belles vieilles maisons en bois abritant des restaurants que nous n'avons pas encore la capacité de découvrir. On s'y balade à l'abri de nos parapluies et de nos impers, de petites rues en galeries couvertes, à la découverte des produits locaux et à la recherche d'un café à moins de 500 yens.
On finit par échouer dans un des quelques salons de thé qui n'est pas blindé et qui propose des desserts un peu attirants, mais qui sont surtout bien photographiés. Le café est cher, mais en set avec un dessert, il paraît d'un prix acceptable à notre caféphile.
En face de nous, un groupe d'une vingtaine de personnes, dont la moitié guide l'autre, aveugle. Au bout d'une petite dizaine de minutes, nous les voyons s'arrêter de nouveau devant le magasin, échanger lunettes, cannes et rôles, et repartir dans l'exploration du trottoir. Simples curieux, parents de personnes atteintes de déficiences visuelles ou personnel spécialisé, nous n'en saurons pas plus, mais trouvons l'initiative drôlement intéressante.
Un magasin de douceurs attire mon attention et j'insiste pour qu'on y achète quelques confiseries, qui se révéleront, comme immanquablement, être à base de pâte de haricot rouge, de pâte de riz gluant et de châtaigne...
Puisque nous sommes au bord du lac, on décide d'aller voir s'il est plus sympa vu d'ici, et croisons un joli temple sur le chemin.
Et en effet, d'ici, c'est un peu joli. Après avoir traversé un petit parc de pins tout entretissés d'immenses toiles d'araignées habitées, nous arrivons sur une sorte de plage.
On continue la promenade en faisant un petit tour vers le ponton qu'on aperçoit au loin, longeant un bord de lac tout à fait aménagé mais vérolé d'immeubles moches et de grands hôtels. En revanche, le lac est magnifique.
Aux abords de la petite marina, un vieux monsieur, caché derrière une haie, donne à manger à des chats. J'attrape son image au vol alors que, son invisible mission accomplie, il ajuste son sac à son épaule et reprend sa route.
Retour à Hikone en fin d'après-midi, la plupart des restaurants sont toujours fermés. On finit, encouragés par notre expérience de la veille, par choisir un restaurant un peu chic, et donc un peu cher. Nous y sommes accueillis très chaleureusement et installés dans un compartiment privé à parois coulissantes, que nous avons vite fait d'encombrer du monceau de nos vêtements, grâce à l'action combiné du gradient de température entre l'intérieur et l'extérieur et de la stratégie de l'oignon.
La cuisine est bonne, sans être aussi incroyable que la veille, mais on y découvre un nouveau condiment, le yukari! Mélange de sel et d'une herbe sèche et pourpre à la puissante saveur Umami. Encouragée par nos demandes d'explication, la serveuse arrive à nous faire comprendre que c'est du "aka shiso", du basilic pourpre, et nous ramène une généreuse coupelle de ce que nous apprenons être un furikake, quelque chose qui se saupoudre sur le riz.


Au réveil, quelques nouvelles de la France nous mettent le nez dans la totale déconnexion du réel de certains de nos hommes politiques (les suites de l'affaire Coppé contre petit pain au chocolat, sous la forme d'un témoignage de médecin outré de cette évaluation fantaisiste du prix de la vie en regard des difficultés de ses patients âgés à se soigner correctement). Avec la mesure qui me caractérise, je fulmine que tout député ou ministre ne devrait pouvoir être élu que s'il a une expérience du vrai coût de la vie et donc du travail, et un casier judiciaire vierge, pour faire bonne mesure. Nous nous jetons donc dans une grande discussion politique qui nous tient jusqu'au repas du midi, que nous prenons dans une sorte de chaîne de resto à la qualité tout à fait acceptable.
Aujourd'hui, je voulais aller à Nagahama, une petite ville un peu plus loin sur le lac. Dans ce que j'avais imaginé de notre séjour, on y aurait été à pied en faisant une grande rando sympa sur les bords du lac, ou peut-être en vélo. En vrai, il pleut et ce n'est pas le lac Léman ici, les berges sont loin d'être agréablement arrangées pour la promenade. On prend donc le train. Et nos parapluies/Kways.
L'arrivée à la station nous met directement dans le bain, Nagahama est une ville réputée pour son travail du verre.
C'est aussi, et presque surtout, une petite ville très mignonne, avec de nombreuses boutiques d'artisanat, principalement autour du matériau transparent mais pas que. Petits cafés sympas et boutiques de design tendance écolo-hipster, voisinent avec de belles vieilles maisons en bois abritant des restaurants que nous n'avons pas encore la capacité de découvrir. On s'y balade à l'abri de nos parapluies et de nos impers, de petites rues en galeries couvertes, à la découverte des produits locaux et à la recherche d'un café à moins de 500 yens.
| Vous la voyez, la pluie? |
En face de nous, un groupe d'une vingtaine de personnes, dont la moitié guide l'autre, aveugle. Au bout d'une petite dizaine de minutes, nous les voyons s'arrêter de nouveau devant le magasin, échanger lunettes, cannes et rôles, et repartir dans l'exploration du trottoir. Simples curieux, parents de personnes atteintes de déficiences visuelles ou personnel spécialisé, nous n'en saurons pas plus, mais trouvons l'initiative drôlement intéressante.
Un magasin de douceurs attire mon attention et j'insiste pour qu'on y achète quelques confiseries, qui se révéleront, comme immanquablement, être à base de pâte de haricot rouge, de pâte de riz gluant et de châtaigne...
Puisque nous sommes au bord du lac, on décide d'aller voir s'il est plus sympa vu d'ici, et croisons un joli temple sur le chemin.
Et en effet, d'ici, c'est un peu joli. Après avoir traversé un petit parc de pins tout entretissés d'immenses toiles d'araignées habitées, nous arrivons sur une sorte de plage.
| Il y avait une araignée dans cette lanterne >< |
On continue la promenade en faisant un petit tour vers le ponton qu'on aperçoit au loin, longeant un bord de lac tout à fait aménagé mais vérolé d'immeubles moches et de grands hôtels. En revanche, le lac est magnifique.
| Le ciel bas, les couleurs grises, les reliefs et la luminosité, cet endroit a de faux airs d'Islande. |
Retour à Hikone en fin d'après-midi, la plupart des restaurants sont toujours fermés. On finit, encouragés par notre expérience de la veille, par choisir un restaurant un peu chic, et donc un peu cher. Nous y sommes accueillis très chaleureusement et installés dans un compartiment privé à parois coulissantes, que nous avons vite fait d'encombrer du monceau de nos vêtements, grâce à l'action combiné du gradient de température entre l'intérieur et l'extérieur et de la stratégie de l'oignon.
La cuisine est bonne, sans être aussi incroyable que la veille, mais on y découvre un nouveau condiment, le yukari! Mélange de sel et d'une herbe sèche et pourpre à la puissante saveur Umami. Encouragée par nos demandes d'explication, la serveuse arrive à nous faire comprendre que c'est du "aka shiso", du basilic pourpre, et nous ramène une généreuse coupelle de ce que nous apprenons être un furikake, quelque chose qui se saupoudre sur le riz.


Mais le temps fort principal de notre repas reste la fondue qu'a commandée Daniel.
Notre serveur, après s'être excusé d'entrer dans la pièce, a déposé sur la table un réchaud, un caquelon généreusement rempli de légumes, tofu et champignons, une assiette de tranches de viandes et une petite coupelle contenant de l’œuf battu. S'ensuivent force explications et gestes montrant la viande, le caquelon, le caquelon, l’œuf, le riz, le caquelon... et la fermeture de la porte. Et nous voici donc avec cet œuf battu, dont on ne sait pas quoi faire. Pour se dédouaner, Daniel me demande "tu as bien compris comme moi hein? on met l’œuf dans le caquelon?". Mais, comme je n'ai à proprement parler rien compris, difficile de l'aiguiller. Mais après tout, qu'est ce qu'on peut bien faire de l’œuf, sinon? On attend donc que le contenu du caquelon bouillonne et paf, voilà l’œuf fichu à la flotte. Ça n'a pas un gout impérissable, et surtout on en perd plein sur les parois, mais bon, si c'est traditionnel...
Sauf que le regard que le serveur jette au caquelon quand il rentre débarrasser nous indique clairement qu'on vient de faire une boulette. C'est à peine si on ne l'entend pas penser "abrutis de gaijins" alors qu'il sort avec sa marmite nappée d’œuf bouilli. Oups?
Au retour vers le ryokan, pour rentrer dormir, on immortalise quelques vues typiques du quartier.
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| Ceci est une poissonnerie. Les CDs doivent être là pour éloigner les oiseaux chipeurs. |
| Avec notre japonais balbutiant, on ne peut s'empêcher de se marrer en lisant le nom de ce club... KI PU |



Ya moyen que ce soit la viande que tu balades du caquelon à l'oeuf, puis au riz (selon sa consistance, il peut se coller à la viande grâce à l'oeuf), puis retour au caquelon pour solidification de l'ensemble ?
RépondreSupprimerAprès vérification parce que la question me tourne dans la tête depuis mon arrivée, le aka shiso, c'est pas du basilic pourpre (même si franchement la différence est pas énorme au goût) mais bien de la périlla. Les feuilles sont plus dentelées et moins bombées.
RépondreSupprimerBien vu! On s'est fait enduire d'erreur par la serveuse qui nous l'avait traduit en "red basil".
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