mercredi 8 mars 2017

Dernier jour à Hikone

Mercredi 26 Octobre

Ajourd'hui, on flâne dans Hikone. C'est le programme.
Petites rues mignonnes, temples (évidemment), boutiques charmantes, la ville est un enchantement.

Bientôt Halloween, est-ce pour ça que cette citrouille décore le trottoir d'un magasin de pâtisseries?
La plante est raccord, orange, boursouflée et un peu flippante.


On choisit pour déjeuner le restaurant qui était notre deuxième choix hier soir et, par un hasard qui est largement du à notre absence quasi totale de compréhension de la langue, Daniel se retrouve à commander le même plat que la veille. Sauf que cette fois, nous sommes assis au comptoir! Et que son œuf est cette fois servi non cassé, dans un petit bol. Pour se faire un œuf dur?
La serveuse, patiente, prend le temps de nous faire comprendre que non, l’œuf ne se met pas dans le caquelon (malheureux!) mais qu'il se brouille et est utilisé pour y tremper les aliments au sortir de la fondue.

 Les petits cafés de la place sont bien tentants mais j'ai envie de partir à la découverte de la grande rue commerçante et de sa boutique où on peut faire sa propre bougie artisanale. Daniel commande donc un café dans une minuscule échoppe qui vend aussi des takoyakis, ces boulettes de pâte fourrées au poulpe. La propriétaire est adorable et nous fait un brin de causette. Tandis que le café passé, je fais un tour à un magasin de seconde main qui vend des ustensiles de cuisine, de la très jolie vaisselle (mais ce n'est vraiment pas pratique d'en acheter maintenant), mais aussi... des furoshikis! Ces rectangles de tissus sont utilisés pour emballer les objets, que ce soit pour offrir, ou pour le transport. J'ai toujours voulu en posséder un et je craque donc pour un joli violet et mauve à imprimé discret de motifs japonais.

La boutique de bougies est finalement très décevante et l'atelier de fabrication, plutôt tristoune et très moderne, me décourage un peu. Le prix finit de me démotiver, mais on trouve tout de même une bougie à acheter pour mettre dans notre future maison. Un peu plus loin, petite discussion en anglais et japonais avec la vendeuse d'un magasin de confiseries typiques d'Hikone, dont on achète une boîte pour nous et une pour l'agent immobilier qu'on doit rencontrer quelques jours plus tard, à notre arrivée à Tokyo, pour lancer notre recherche d'appartement. Évidemment, ce sont de petites boulettes de pâte de riz au macha. Pas d'azuki cette fois, mais de la farine de soja grillée. C'est bon...

On décide de faire après ça une dernière incursion vers le lac, un peu déçus de la différence entre ce que nous en avions imaginé et l'état d'aménagement réel du lieu. Longue balade dans les petites rues de la ville, en forme d'immersion dans le quotidien des citadins. Un petit espoir en arrivant sur le lac, malgré des abords très industriels (et une petite ferme solaire), mais rapidement, on tombe sur un cul de sac avec des vieux vélos rouillés, des déchets... retour vers la ville donc.


Encore un petit temple, au hasard des détours. Ici sont stockés les panneaux des différents signes astrologiques lorsque ce n'est pas leur tour d'être mis à l'honneur.



Au retour vers les petits cafés sympas de la place, censés être ouverts jusqu'à 18h, tout est déjà fermé alors qu'il est 16h30. Déçus, on s’assoit sur un banc et on déchiffre nos premiers Kanjis.
On repart rapidement pour trouver tout de même un café et on s'arrête au Sancho, repéré sur internet. Ambiance cozy un peu kitch, des livres partout, notamment pour enfants, comme celui qui trône sur notre table et dans lequel est collé le menu. On se prend un goûter et la patronne, adorable, nous offre du thé froid d'été. Malgré son absence totale d'anglais et notre très faible japonais, elle cherche vraiment à engager la conversation et nous échangeons quelques banalités (l'emplacement de notre hôtel, que c'est la fin de nos vacances...), jusqu'à ce qu'elle disparaisse en cuisine et revienne avec deux ombrelles en papier japonais (washi), qu'elle nous offre.



Alors qu'on s'apprête à repartir vers notre ryokan car la nuit est tombée et le café ferme bientôt, la pluie commence à tomber et se métamorphose, le temps qu'on règle, en vrai déluge. Malgré nos anoraks et nos chaussures de rando, nous ne sommes absolument pas équipés pour 20 minutes de marche sous la pluie battante. Alors qu'on se rhabille courageusement, la propriétaire nous arrête et, catégorique, nous déverse un flot de mots sur les épaules. Dans lequel on comprend que non mais on ne peut pas partir comme ça, que de toute façon il n'y a plus de clients et qu'elle allait fermer, alors qu'il faut qu'on attende, qu'elle va aller chercher sa voiture.

On proteste évidemment largement, mais tout de même pas trop fort, et nous voici à l'attendre dans le café quasi éteint, puis à courir les quelques mètres qui nous séparent de la voiture et qui suffisent à nous tremper. Evidemment, erreur qu'on répètera un certain nombre de fois, nous n'avons pas pensé à prendre sur nous l'un des petits cadeaux que nous avons prévus pour offrir typiquement dans ce genre de rencontres. Arrivés devant l'hotel, je laisse donc Daniel tenir la jambe de notre charmant hôtesse et sprinte sous la pluie pour aller chercher dans notre valise l'un des mini kouign-aman que nous avons choisis comme présents. Après tout, elle tient un café et fait des gâteaux! Je me ré-engouffre, trempée, dans la voiture et je me fais d'abord rabrouée parce que je suis sortie du côté de la route, et que c'était dangereux! Quelques explications sur ce qu'est un kouign aman et comment ça se mange, puis nous remercions mille fois et sprintons de nouveau vers le ryokan (en passant par la porte côté trottoir cette fois). Nous sommes bien humides, mais pas autant que l'homme qui arrive en même temps que nous et qui, lui, n'a pas bénéficié d'un trajet en voiture. Le pauvre est trempé comme une soupe et nous sommes, malheureusement pour lui et heureusement pour moi, au tout début de l'heure des femmes pour le bain.

Un peu plus tard, alors que la pluie s'est arrêtée, on trouve à manger après avoir pas mal tourné faute d'être tenté par quoi que ce soit, dans un restaurant sans grand intérêt près de la gare.
Et ainsi s'achève nos vacances.
Ou presque.






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