Réveil, on règle le ryokan.
Le propriétaire propose de nous déposer à la gare et on lui offre un petit pot de crème de caramel au beurre salé (oui, j'ai fait breton pour les petits cadeaux). On essaye pendant le trajet de lui raconter nos aventures de la veille, avec un succès mitigé.
Arrivés à la gare, il n'y a plus de places côte à côte dans le prochain train, à part dans le wagon fumeur (oui, ça existe ici). On les prend donc mais on arrivera à se trouver deux places dans les wagons de sièges non-réservés, ce qui nous évite de faire le trajet soit debout, soit assis dans la fumée.
Comme on ne sait pas exactement par où passe le train, on espère apercevoir le Mont Fuji, sans être sûrs. Et effectivement, on passe près de son pied, qui est la seule partie que nous verrons, le haut étant noyé sous les nuages. Une prochaine fois peut-être Fuji-san!
L'arrivée sur Tokyo même n'est pas toute simple : durant près d'une heure, le train passe entre les grands immeubles d'une banlieue qui n'en finit pas d'être moche. Je me vois déjà coincée au 60ème étage d'une tour donnant sur d'autres clapiers et, si j'essaye bravement de sourire, Daniel n'est pas dupe des larmes qui sont toutes proches de me monter aux yeux.
Nous n'avons rendez-vous qu'en fin d'après-midi avec nos hôtes de ce soir, des amis de Tatsu et Mika qui ont deux enfants, parlent un peu anglais et sont très enthousiastes à l'idée de nous héberger. Nous avons donc décidé de nous balader un peu dans la ville, après avoir laissé nos sacs à une des grandes gares au bout de la ligne de métro qui nous conduira chez les Tomomura.
C'est déjà une petite aventure de trouver, dans la grande gare d'Ikebukuro, un casier suffisamment grand pour y faire rentrer nos sacs de rando, boursouflés par 3 semaines de voyage, des vêtements mal pliés et quelques bricoles ajoutés au fil des visites.
Le choix du lieu de premier contact avec Tokyo n'est peut-être pas idéal... Ikebukuro est l'un des trois grands centres de la métropoles. Grandes tours bardées de publicités plus criardes les unes que les autres (au sens propre, ici, les écrans publicitaires sont parlants), foultitude de personnes, le décalage avec les jours précédents est total.
Dans les entrailles de "Sunshine City", autrefois le grand magasin le plus vaste du monde, on assiste à une scène surréaliste : un groupe de K-pop coréenne (sorte de boys band) est venu ici sortir son premier single en japonais.

Des centaines de personnes, des femmes principalement, sont agglutinées sur les 3 étages qui donnent sur l'esplanade où ils se produisent et hurlent (moyennement) en rythme les paroles des chansons. Je n'ai encore jamais entendu une telle stridence chez des adultes. Dont certaines ont plutôt la quarantaine que moitié moins! En bas, sur l'estrade, des minets insipides et bien coiffés s'agitent au rythme d'une bouillie prémixée et vaguement pop qui parle, évidemment, d'amour.
Le titre de l'album? "You=heaven".
Je ne résiste pas à vous mettre une vidéo prise durant ce grand moment.
Elle n'est pas de nous. Nous, nous fuyons.
Et nous réfugions dans un jardin botanique et le petit temple attenant, preuve, qui se répètera par la suite, que même au milieu de la folie, il existe dans cette ville des îlots de calme. Certes, dans le cas des photos ci-dessous, l'îlot est un cimetière. Mais pour être calme, c'est calme!
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| Des îlots de calme desquels on voit la ville quand même |
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| Dont on la voit très bien même... |
On passe une excellente soirée à jouer avec les petits, qui sont déchainés, et à manger des sushis.
Plus tard, au moment de leur coucher, Shinya, leur père, rentre enfin du travail. Il doit être 21h30. Il tombe rapidement le costard, uniforme obligatoire du salaryman, et, une fois les enfants couchés, nous avons une chouette discussion sur les voyages dans nos trois mots de japonais et leur mauvais anglais.




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