dimanche 4 juin 2017

Ouverture d'un compte en banque

Mardi 8 Novembre

On se retrouve après le travail de Daniel pour ouvrir notre compte en banque. Ou plutôt, son compte en banque, les comptes joints n'existant pas au Japon et moi, n'ayant pas encore de visa de résidence, ne pouvant pas en ouvrir un à mon nom.

Sur les conseils de Jean-François, on a choisit la banque Shinsei qui est manifestement habituée à traiter avec des expats puisqu'on pourra faire nos opérations en anglais et en ligne. Seul justificatif demandé, la Zairyu Cardo, la carte de résident étranger que Daniel a obtenue à son arrivée sur le territoire grâce à son visa de travail. Au verso, il a fait enregistrer l'adresse de notre logement à Gakugei-daigaku, en se rendant dans l'équivalent de la mairie de quartier du coin.

Notre conseillère parle d'ailleurs anglais, avec un petit tic rigolo qui fait qu'elle ponctue ses phrases de "sohohooo" qui ressemblent fort aux "etooo" utilisés en japonais pour prendre le temps de réfléchir à la suite de ce qu'on va raconter.

Le processus est marrant et un peu différent de ce à quoi nous sommes habitués:
- en tant qu'étranger, nous n'avons pas le droit à une carte de paiement, mais à une simple carte de retrait. La contrepartie, c'est qu'après nous avoir fait choisir parmi un nuancier de couleurs moches, l'impression de la carte est lancée sur place et qu'on peut repartir tout de suite avec.
- nous avons le droit à un virement gratuit par mois, les suivants sont payants.
- notre identité bancaire ne ressemble pas du tout à celle de nos comptes français. Pas de chiffres, mais notre nom, le nom de la banque, tout ça dans un ordre bien précis. Tellement précis que la première fois que nous essayeront de faire le virement pour notre futur loyer, il nous faudra nous y reprendre à trois fois pour avoir enfin le bon ordre.

Arrivés peu avant la fermeture, nous sommes les derniers clients à sortir de l'agence, alors que la nuit est déjà tombée. On quitte Nipponbashi, le quartier des affaires, qui n'est pas très intéressant, pour se balader du côté de Ginza, connu pour être un des quartiers de shopping les plus luxueux de la planète.

Larges avenues, immenses buildings tout illuminés, vitrines ruisselantes de lumière, le coin est effectivement flamboyant.

Modernité canapé confrontée par un Tori, en plein cœur des grattes-ciels

On a de l'argent, mais on ne se paye quand même pas une relecture :D
Mais bon, ça fait tout de même chic de causer French
Vous reprendrez bien un nom de magasin français?

 

On ère un peu à la recherche de quelque chose à manger, une question toujours un peu délicate, surtout pour moi, avant d'échouer tout près de la gare de Ginza, dans un restaurant chinois pas mal du tout. Puis retour à Gakugei-daigaku.

mercredi 24 mai 2017

La chasse aux meubles

6 au 19 Novembre
Maintenant que notre demande de location a été acceptée, et alors que Daniel continue sa conquête des fondamentaux du photovoltaïque, je me dédie entièrement à la chasse aux meubles. Car ici, comme vous avez pu le constater sur les photos des appartements, on loue non meublé.

C'est donc l'occasion de fastidieuses heures passées sur facebook, craigslist et autres SayonaraSale.com (les ventes de déménagements d'expats), à la recherche de meubles de seconde main qui puissent nous plaire, soient en bon état général, mais pas trop cher vu que nous ne restons qu'un an. Je regarde des centaines d'annonces, envoie des dizaines de mails, certains sans réponse, d'autres avec des réponses négatives, quelqu'un aura été plus rapide que moi. Quelques uns atteignent leur cible.

Un jeu d'équilibre un peu stressant entre être la première à sauter sur une annonce intéressante et angoisser d'avoir peut-être promis à quelqu'un d'acheter son frigo alors qu'un autre bien moins cher et tout aussi bien peut apparaître à n'importe quel moment dans les annonces! Les différences de prix pouvant se compter en dizaines de milliers de Yen (100aines d'euros), l'enjeu est réel.

Un petit échantillon de mes recherches...
C'est aussi l'occasion de récupérer à bas prix tout les petites choses essentielles à un quotidien, même quand on tient à se contenter de peu, qu'il faudra bien acheter de toute façon : poêles, planches à découper, couverts et vaisselle, saladiers, plats, ciseaux, balayette, poubelle, éponges, torchons, pinces à linge, lampes de chevet, radiateur soufflant, oreillers, coussins, dérouleur à sopalin, tupperware, tire-bouchon... la liste n'en finit plus de s'allonger et laisse songeur quant à la sobriété du dit quotidien.

Mais avec l'envie de nous faire un nid confortable, je me laisse aussi parfois embarquer à acheter des choses dont nous n'aurions pas forcément besoin. Ou d'autres que j'ai toujours voulu essayer et que je trouve pour la première fois à des prix abordables car vendus par des expatriés pressés de s'en débarrasser.

Par exemple, ces deux objets :

Un moulin à grain manuel
pour faire ses farines soi même, qui coûte 145€ à l'achat en France et que j'ai récupéré ici pour moins de 35€.
La molette se tourne pour ajuster l'écart entre les deux mâchoires de la meule de pierre et donc la finesse de mouture!
J'ai hâte de l'essayer, d'autant que s'y reconnaître en farine, ici, est un peu un challenge...

Une friteuse sans huile
Depuis le temps que j'en rêve!
En fait il s'agit plutôt d'une friteuse sans TROP d'huile, puisqu'il faut tout de même ajouter une cuillère ou deux d'huiles pour couvrir ce qu'on cherche à faire frire, et ensuite un flux d'air chaud se charge de cuire tout ça de façon homogène. Au final, des fritures moins grasses, et donc plus saines.
Ça aussi, j'ai hâte de l'utiliser, et, si jamais je n'en suis pas satisfaite, vu que 8 autres personnes étaient prêtes à l'acheter, je ne devrais pas avoir de mal à la revendre :D
Le précédent propriétaire la vend moitié prix d'une neuve (donc environ 70€), après l'avoir utilisée 2 ou 3 fois.

Une partie des meubles nécessitants d'être vus en avance, voir payés pour être réservés, et les petits objets étant à venir chercher chez leurs propriétaires asap, c'est aussi l'occasion pour moi d'arpenter la ville dans tous les sens, en transports à l'aller, afin d'arriver à l'heure à mes rendez-vous, mais souvent à pied au retour. Cet arpentage me permet de connecter les points entre eux, et aussi de découvrir des lieux insoupçonnés, ou de me retrouver complètement par hasard en pleine flamboyance des arbres d'automne sous la pluie, au milieu de Yoyogi parc, qui se trouvait être sur mon chemin.


Je découvre ainsi les différents quartiers de la ville, du plus modeste au plus cossu, apercevant au passage des morceaux de l'intimité de ces gens qui vivent là, dans un petit deux pièces sombre et humide, ou dans un loft immense avec 3m sous plafond et un salon plus grand que notre futur appartement.

Lors d'une de mes missions de récupération, je sympathise avec une de ces futures déménagées, Susan, Taïwanaise qui a une semaine pour replier l'appart qu'elle et son mari louaient à Tokyo depuis 1 an, car celui-ci est tombé gravement malade. Empêtrée dans son délai très court et ses meubles quasi neufs qu'elle ne veut pas brader, elle est prête à me laisser plein de petits objets pour trois fois rien, puisque si elle n'arrive pas à s'en débarrasser, il faudra qu'elle paye pour qu'une compagnie de déménagement vienne les prendre. Poêle, mixer, pinces à linges et planche à découper, je remplis mon sac à dos.

En fin de cette première période de chasse, nous avons donc réservé : un four, un lit et son matelas, un canapé-lit pour les amis, une table, mais pas de chaises, un frigo.

L'étape suivante, qui est en fait concomitante, c'est le déménagement effectif de ces meubles. Chacun des vendeurs ayant ses contraintes de temps, réussir à récupérer nos futurs meubles dans un rayon d'action acceptable et en fonction de nos propres contraintes tient un peu de la résolution de la quadrature du cercle.

Notre lit et notre table par exemple, doivent être récupérés au plus tard le 20. Sauf que nous n’emménageons que le 26 dans notre nouvel appart! puisque nous avons négocié un début le plus tard possible pour que le double loyer avec notre logement actuel soit le moins long possible. En bonne française sans gêne, j'ai demandé à notre agent immobilier si il était imaginable de déposer certains meubles avant le début de notre contrat. Et à Daniel s'il pouvait trouver un moyen de les stocker pour une semaine à son laboratoire. L'une et l'autre demandes sont affreusement gênantes, surtout pour eux, mais je me sens comme une maman ourse préparant une tanière pour l'hiver, alors gare à ceux qui se mettent sur mon chemin!

C'est une période un peu difficile pour moi. Ayant du mal à réaliser que je peux aussi me balader avec mon wifi portable et aller me poser dans d'autres coins de la ville pour faire mes recherches, je reste coincée à l'appart. Or, celui-ci réussit le miracle d'être à la fois trop sombre en journée, et trop clair le matin, puisqu'il n'y a pour tout rideau que des voilages et que le drap noir qu'on a pendu pour essayer de bloquer le jour n'est que moyennement convaincant dans son rôle. La déprime guette un peu.

Le déplacement des meubles eux-mêmes tient également du challenge. Si réussir à obtenir un devis d'une agence de déménagement n'est pas trop difficile (la plupart ont un service en anglais, voir en français, habitués qu'ils sont des expatriés), trouver les prix de location de van, pour comparaison, est beaucoup plus difficile. Ici on se fait tout livrer, de la maison entière à sa valise en revenant d'un long voyage. Du camion au caddie à roulettes, les services de livraison sont partout, sillonnant la ville pour livrer tout et n'importe quoi aux habitants.

Bref, c'est la galouze, malgré l'aide de Zacharie, le collègue de Daniel. D'autant que si sa copine est d'accord pour conduire, vu qu'elle est la seule à même de le faire ici (nous n'avons pas encore fait traduire nos permis), elle n'est pas là le weekend du 20...

Mais c'était sans compter sur l'intervention de Super Kakei, notre super agent immobilier qui, après avoir proposé son aide pour bouger les meubles, nous indique que si on préfère la solution location de camion, il est disponible pour conduire, ayant l'experience de la livraison de poissons aux Etats-Unis (??!) et peut même faire le booking pour nous! Alleluiaaaa! Cet homme est un miracle et notre installation au Japon n'aurait jamais été la même sans lui.

jeudi 11 mai 2017

Une journée bien remplie, ou A la découverte d'Akasuka

Samedi 5 Novembre toujours.

Après une matinée où on a trouvé l'appart de nos rêves, nous avons décidé d'aller explorer l'un des quartiers anciens majeurs de Tokyo, cœur de la ville basse : Asakusa, organisé autour du temple le plus célèbre de la ville, le Senso-ji.

Les alentours de la gare sont englobés dans une galerie commerçante géante, de plein pied, où l'on trouve des milliers de souvenirs kitsch, de paquets de pâtisseries à ramener comme petit cadeau souvenir d'un voyage (Omiyagé), et de toutes sortes d'objets, du parapluie dont le dessin n'apparait que quand il est mouillé au kimono moderne en passant par de la nourriture fermentée. J'en profite pour lancer la première phase de l'opération "cadeaux de fin d'année", en me disant que mieux vaux commencer tôt que de devoir courir partout au dernier moment. Paquets de thé ou de café, porte-monnaie en forme d'animaux en tissu japonais, bricoles et petits cadeaux, la première fournée est prometteuse. Nous rejoignons ensuite Nakamise-dori, la rue piétonne bordée de chaque côté par des centaines de petites échoppes qui mène directement au temple. De part et d'autre, celle-ci est bornée par deux portes monumentales, la première, la Kaminarimon, gardée par le dieu du Vent, Fujin, et celui du Tonnerre, Raijin, et la seconde, la Hozomon, arborant côté face d'immenses sandales qui sont censées correspondre à la taille que les fidèles attribuent à Boudha.

La kaminarimon, à droite Fujin, à gauche Raijin


 


 La foule est dense, les pélerins nombreux à prier, tirer des petits papiers de bonne fortune, acheter toutes sortes de colifichets... on ne s'attarde pas trop, préférant jeter un œil aux galeries marchandes qui entourent l'enceinte du temple.
 
Alors qu'on s'extrait de la nasse pour tomber sur des rues à peine moins commerçantes, mais un peu plus larges, on tombe sur une parade de chars colorés, en papier illuminé de l'intérieur, trainés dans la ville au son des tambours et de chansons lancinantes. Vu la taille des engins, certains processionnaires portent de longues perches avec lesquelles ils soulèvent les fils électriques pour permettre le passage des plus gros chars. Incroyable...

 

 On fait ensuite un rapide tour dans le grand magasin discount Don Quijote (affectueusement surnommé Donki par les japonais et arborant comme mascotte un pingouin bleu un peu flippant), impressionnant d'accumulation de produits tous plus divers et variés. Dans un pays où la plupart des magasins sont spécialisés (vêtements, nourriture, matériel de cuisine, montres...), celui-ci ressemble plus à nos grands  hypermarchés, en plus vertical (4 étages), plus surchargé, plus bordélique, et beaucoup beaucoup plus musical. Une petite rengaine nous tournera en boucle dans la tête tout le reste de l'après-midi.

Alors que la nuit commence à tomber on sprinte vers Kappabashi dori, la rue réputée spécialisée dans le matériel de cuisine, mais les magasins commencent déjà à tirer les rideaux de fer. On visite tout de même quelques jolis magasins de poteries et, dans une boutique spécialisée dans le matériel professionnel à destination des particuliers, on achète une passoire et une cuillère en bois, qui ne sont pas fournies dans le maigre équipement de notre appart de location, ainsi qu'une paire de baguettes de cuisine, pour s'initier.


De retour dans notre coin, on descend à la station précédent la notre, Naka-meguro, pour explorer un peu. Dans ce coin branchouille, un peu bobo, on découvre l'une des nombreuses pépites capillaires de la capitale : un Cut club tout de bois et de cuir...

On tente aussi la négociation, en japonais et anglais, de la réparation de ma paire de chaussures El Naturalista, dont le fini cousu semble poser bien des soucis. On finit par comprendre, aidés de la femme de l'artisan, que le cordonnier ne peut pas faire la réparation ici, mais qu'il peut peut-être envoyer les chaussures à un autre magasin qui aura peut-être la machine qu'il faut. Décidément, il y a 3 jours, j'ai demandé la même chose à 3 autres cordonniers, sans plus de succès. Je commence à me dire que, peut-être, Jean-François a raison quand il dit "mais au fond, as-tu vraiment besoin de chaussures imperméables?" En tout cas, pour l'instant je prend l'eau dès qu'il pleut ><

Un autre resto qui nous faisait de l’œil
Après moultes hésitations et élans interrompus, on finit par se poser dans un petit restaurant de cuisine fusion, le Tulip.
Tenu par un japonais ayant travaillé dans le monde de la mode à New York, très content de pouvoir étaler son anglais, il est orchestré par un chef, japonais également, formé en France et qui cultive lui-même une partie des légumes utilisés en cuisine.
La cuisine a indéniablement un petit quelque chose de français et on nous fait gouter une très bonne huile d'olive accompagnée de pain maison. Daniel demande du sel pour gouter l'huile, manquant provoquer la mort par harakiri du malheureux cuisinier à qui il faut vite expliquer que c'est comme ça qu'on goûte l'huile d'olive dans le sud, et que ça n'a rien à voir avec le fait que son pain ne soit pas assez salé (ce qui, en l’occurrence, est malheureusement le cas).

On en profite pour célébrer la nouvelle, apprise dans l'après-midi, que le propriétaire de l'appartement visité ce matin a déjà validé notre dossier! Reste à discuter avec la compagnie de garantie.

Retour tranquille à pied vers notre maison de Gakugei-daigaku pour terminer cette journée riche en émotions et en découvertes. On est épuisés.

lundi 8 mai 2017

A la recherche de l'appartement parfait - Les visites! - partie 2

Samedi 5 Novembre

Kakei nous a donné rendez-vous à Umegaoka pour le deuxième round de visite.

La gare est très sympa, et pour y aller, nous avons pris le chemin des écoliers, passant par une petite promenade piétonne et arborée, qui sinue entre des blocs d'immeubles bas, comme avant elle le petit cours d'eau qu'elle recouvre.

Le tout premier appartement nous déçoit immédiatement : en rez-de-chaussée (first floor comme on dit ici), ses fenêtres donnent directement sur la rue, il est sombre et même la présence d'une pièce à tatami ne nous convainc pas d'y rester plus que quelques minutes. Le deuxième est de nouveau une maison, qui comme la première est extrêmement proche de ses voisines et, si les pièces sont plutôt sympas bien que la chambre qu'on se destine soit un peu sombre, la proximité de la voie de chemin de fer achève de nous démoraliser. Avec mon sommeil léger et les perspectives de continuer mon travail de freelance depuis chez nous, entendre toutes les quelques minutes le bipbip du passage à niveau à l'ancienne qui se ferme, ça ne va pas être possible.

On commence à se dire que ce second round de visite n'était peut-être pas une si bonne idée. Je n'avais pas fait attention, mais nous sommes en fait situés juste de l'autre côté du parc que nous avons traversé la dernière fois, avec ses pentes plantées de pruniers et de cerisiers. Nous suivons donc Kakei vers le même coin de quartier où il nous avait fait visiter les premiers appartements.

Et le dernier est le bon! C'est le coup de cœur immédiat.
Situé en bout de couloir, et donc avec un mur non mitoyen, il est situé au deuxième et dernier étage d'un petit immeuble d'une trentaine d'années. Entièrement refait à neuf après le départ de l'ancien locataire, il a une grande cuisine-salle à manger et deux pièces jumelles orientées sud. Donc plein de lumière dans la chambre et le salon, et sur le petit balconnet qui court le long des deux. Des fenêtres, on donne sur quelques arbres, les arrières du bloc d'à côté. Une petite salle de bain, toilettes séparés. Propre et fonctionnel. D'immenses placards à futons dans les deux pièces, un tas de tiroirs et placards dans le bloc cuisine. Pas un bruit.

Dehors, la vue depuis l'étage, le petit placard de la zone où on se déchausse, les toilettes japonais, la salle de bain et la pièce de droite et son grand placard à futons
Pièce de gauche avec son grand placard elle aussi, vue depuis la fenêtre et le balcon, vue sur les pièces prise depuis l'entrée et la cuisine très bien équipée.
 C'est décidé! On arrête tout avec l'autre et on lance la procédure pour celui-là Il manque juste un bloc de climatisation dans la pièce de droite, dont j'aimerais faire la chambre, ce qui pousse Daniel à insister pour qu'on choisisse plutôt la pièce de gauche, mais on demande à Kakei d'essayer d'intercéder en notre faveur auprès du propriétaire.

De toute façon, on verra bien ça quand on aura les meubles! Car tout est à trouver. A part le bloc douche/bain et la plaque à gaz combinée four-à-poissons encastrée dans l'ensemble de meubles de cuisine, les lieux sont entièrement vides.

On est RA-VIS! Alors que Kakei repart pour commencer les démarches, nous allons manger du côté de shimo-kitazawa, qui n'est qu'à une quinzaine de minutes de marche. Décidément, on aime vraiment beaucoup ce quartier! On craque pour un burger dans une sorte de diner à l'américaine mais en sous-sol, puis un matcha latte dans un tout petit café installé dans un container, et nous profitons de notre après-midi pour aller nous balader dans Asakusa, à l'Est de Tokyo. Mais ça, c'est pour le prochain post!


 
pratique ce comptoir...

vendredi 14 avril 2017

Apprivoiser la ville

Mardi 1er-Vendredi 4 Novembre

Première petite semaine dans notre chez nous temporaire, et premiers jours depuis juin que nous ne sommes plus ensemble 24h/7 avec Daniel (à part quelques jours fin juillet), qui a repris le chemin du laboratoire et goûte aux joies du commuting tokyoïte.

Je flâne un peu dans le quartier, je complète les courses. J'apprivoise le parc tout proche et sa mare, et les rudiments de la cuisine en milieu hostile (comprendre : où on ne reconnait aucun ingrédient dans les magasins).
 





Je découvre assez rapidement qu'il y a deux petites supérettes qui vendent du bio près de chez nous, et comment trouver une lessive qui ne soit pas trop catastrophique pour l'environnement.
Internet est mon meilleur ami, et je passe beaucoup de temps sur des sites à regarder les listes de vocabulaire liés à la nourriture, ou à consulter des tutoriels sur comment se dépatouiller de plein de choses de la vie quotidienne qui ne paraissent tout d'un coup plus si évidentes. Mon site préféré devient surviving in Japan.


Dès le mardi soir, Daniel est revenu avec ses trois premiers mois de paye + l'indemnité d'installation prévue dans son contrat avec la JSPS (Japan Society for the Promotion of Science), en cash. Soit, plus de 10 000€, en coupures de 10 000yens... Ici, presque tout se fait en cash et de toute façon, nous n'avons pas encore de compte en banque local, mais il faut bien qu'on finance notre premier mois de vie sédentaire plus la location de l'appartement qu'on décidera de choisir.



Après moultes hésitations, on a décidé de lancer la procédure pour le deuxième appart, le plus petit avec la cuisine américaine, en demandant en parallèle à Kakei de bien vouloir nous organiser un deuxième round de visites sur d'autres appartements. C'est programmé pour samedi qui vient.

Nous avons également récupéré nos valises, que Yuko nous a ramenées par surprise au restaurant d'okonomiyaki où nous lui avions donné rendez-vous. Nous sommes touchés de la gentillesse et de la puissance de ce petit bout de femme qui s'est descendu nos deux grosses valises de plus de 20 kilos chacune et les a trainées sur près d'un kilomètre plutôt que de nous faire remonter les chercher chez elle. Les okonomiyaki étaient délicieuses, les serveurs manifestement ravis de nous avoir dans leur restaurant, et il ne nous restait plus qu'à rentrer "chez nous" pour nous y installer un peu plus à notre aise. Avec un peu de livres, des vêtements, quelques bricoles, l'appartement est moins sinistre, il commence à ressembler à "la maison". Même s'il est toujours sombre et froid.

Le jeudi étant férié (petite semaine pour une première : 3 jours de travail, mais c'est bien assez pour se remettre dans le bain), le collègue français de Daniel lui a proposé de se joindre à lui et au directeur français du labo pour une petite randonnée à Jimba, à 1h30 de Tokyo centre. En tant que +1, je suis également conviée. Le temps est magnifique, la randonnée pas trop difficile malgré le fait que Zac et Jean-François sont manifestement bien plus entrainés que nous, et la vue depuis là haut est magnifique.  Derrière plusieurs niveaux de collines, on aperçoit même le Fuji! Descente dans les champs de thé, une petite pause au soleil, on achète au passage un pochon de thé vert sur un petit étal au bord du chemin, douceur de l'automne qui s'approche.






Vendredi, je rejoins Jean-François, Zacharie, Daniel et les deux autres français du laboratoire NextPV, Amaury et Samy, pour un petit apéro dans le coin de Shimokitazawa, à une quinzaine de minutes de marche de leur campus. J'en profite pour me balader toute l'après-midi dans ce quartier hyper vivant, blindé de petits restaurants, de mini-bars, d'innombrables coiffeurs et de boutiques de fringues vintage. C'est coloré de partout, il y a des bars jusqu'au 5ème étage des immeubles, tout ça vous a une atmosphère bohème très sympa. Après une bière au playground, un espace sous le pont de la voie ferré meublé comme une aire de jeu pour enfants, les garçons rentrent qui chez lui, qui à l'entrainement de kick-boxing, nous laissant avec Jean-François dont c'est la dernière soirée en ville avant de rentrer en France pour quelques mois.

On dîne rapidement, de brochettes dans une minuscule gargote de rue toute proche de la station, dont le cuistot est manifestement un homme de main des yakuzas, couvert de tatouages de gangs (corde de pendu, dés, épée...). Mais il a tous ses doigts!

On se balade ensuite dans les rues que j'ai exploré cet après-midi et on jette notre dévolu sur un bar que j'avais repéré depuis la rue, un de ces fameux bars du 5e étage. Celui-ci a eu la bonne idée de pendre une guirlande lumineuse colorée le long de sa fenêtre, et c'est ce qui me l'avait fait remarqué.
Le TomBoy, comme son nom ne l'indique pas, est une sorte de bar hippie néo-babacool (la guirlande aurait du nous mettre la puce à l'oreille) avec une déco de bois flotté, une petite table en mezzanine, un portrait de Bob Marley sculpté dans une paire de tongs... C'est quasi vide quand nous y sommes, mais une photo glanée sur leur page facebook montre que c'est loin d'être toujours le cas.


Comme le veut la tradition, une fois Jean-François en route vers son aéroport, nous complétons notre maigre dîner de brochettes dans un ramen shop où on commande son plat à un distributeur qui nous crache un ticket à échanger auprès du serveur. C'est aussi l'occasion d'éponger notre verre d'alcool de patate (mais à la cannelle), avant de rentrer à Gakugei-Daigaku.

jeudi 6 avril 2017

A la recherche de l'appartement parfait - Les visites! - partie 1

Le 31 Octobre

Comme convenu lors de notre rendez-vous de vendredi, nous retrouvons aujourd'hui notre agent immobilier pour un premier tour de visites à Higashi-Matsubara, sur la Inokashira Line, dans le quartier Setagaya, à un petit quart d'heure de métro à l'Ouest de Shibuya.

Si proche du cœur de ville, le quartier nous étonne par son voisinage très calme, avec des maisons et immeubles bas, très résidentiel, sans aucune grandes tours. Kakei a manifestement bien compris nos demandes.

Le premier appartement qu'on visite, dont les plans nous avaient tellement plu (surtout qu'il a une pièce japonaise avec des tatamis!), nous semble immédiatement trop grand. Pourtant il ne fait "que" 57m2, mais pour nous qui sommes habitués à tout petit, il semble gigantesque et surtout disproportionné pour le temps que nous allons passer ici. Il est hyper clean et on pourrait se le permettre au niveau financier, mais on préfère envisager des options moins chères.

Les deux suivants se situent à quelques centaines de mètres de là, proche d'un parc qui promet d'être très fleuri au printemps. Le deuxième est plutôt chouette, lumineux, donnant sur une l'arrière d'un bâtiment de sport et une cour qui a l'air calme avec un grand arbre. La chambre est dans le coin de l'immeuble et au dernier étage, donc sans voisins directs. Cuisine à l'américaine, parquet, très propre, mais manquant vraiment de rangements et la seconde chambre, qui sera une chambre d'ami et un bureau, est un peu trop petite pour y mettre des futons et des rangements.

Admirez la mosaïque de photos que j'ai mis plusieurs heures à pondre ><
(je veux prendre des cours de mise en page...)



 Le suivant est beaucoup plus vieux, tout en longueur et avec l'entrée donnant directement sur la cuisine, mais il est extrêmement lumineux, avec des fenêtres sur trois côtés et possède d'immenses rangements. Les deux chambres, de la même taille, communiquent entre elles par des portes coulissantes, ce qui fait qu'en l'absence de visiteurs, la chambre d'amis/bureau pourra être une extension de notre chambre!

En revanche la vue est vraiment moche : on donne sur l'arrière des maisons voisines, très proches, et dont on doit entendre la vie nocturne. L'ensemble donne une impression un peu poussiéreuse. Il est aussi 10m2 plus grand que le précédent, mais du fait de sa configuration, ça nous fait surtout un immense salon dont on ne sait pas trop quoi faire, vu que les fenêtres y sont dépolies et qu'on ne reste pas suffisamment longtemps pour avoir envie de le meubler de façon vraiment chouette. Mais peut-être qu'avec des meubles chinés, des lumières, et puis des plantes grimpantes sur le balconnet pour cacher les voisins..?

Ci-dessous, la mosaïque de photos, réalisée beaucoup plus rapidement que la précédente!
 


 Les deux ont leurs qualités, mais aussi leurs défauts : à l'un la vue moche et l'air vieillot, à l'autre l'absence de rangements qui risque de le rendre trop petit et la moindre luminosité. Nous voilà bien embêtés. Peut-être que le dernier nous décidera?

Et le dernier... est une dernière! Comme j'avais mentionné que le rêve absolu serait une petite maison, Kakei nous en a trouvé une! On prend le métro de nouveau, pour arriver dans un autre voisinage très sympa. On marche, on marche, on marche... Daniel et moi on commence à se regarder en se disant "Bon, va falloir qu'on arrive là". On marche, on marche... C'est officiellement trop loin. Mais si jamais c'est génial??

Ça ne l'est pas. C'est une maison, clairement, mais pas une maison comme je me l'étais imaginée. Elle est très moderne d'abord, plutôt sombre et complètement serrée contre les autres baraques, sans aucun dégagement de vue. Un seul avantage, elle a un bow-window dans une des chambres. Bon, mais ça ne va pas suffire à emporter notre adhésion. Pour ne pas donner l'impression à notre agent immobilier qu'il l'a cherchée pour rien, Daniel et moi prenons tout de même le temps de tout bien regarder et de noter les points positifs, mais le cœur n'y est pas.

De même les photos. On sent un peu mon manque d'enthousiasme ;)

La cuisine possède également un attribut qui nous laisse tout étonnés. Ça ressemble à une cave à bière ou quelque chose comme ça, mais Kakei nous assure que c'est juste un placard supplémentaire, dans lequel les gens stockent parfois des affaires d'hiver. Dans le sol. De la cuisine... Hu?


Nous déjeunons ensuite avec Kakei dans une sobaya, ces restaurants de nouilles de sarrasin qui nous sont encore difficiles d'accès car le menu y est écrit à la main, intégralement en japonais. Nous en profitons pour lui offrir les petits cadeaux que nous avons ramené pour lui : un kouignaman, pour le beurre bien de chez nous, et des petites friandises achetées lors de notre passage à Hikone, comme symbole de notre voyage. On en profite pour discuter un peu plus et dériver des appartements vers nos activités favorites.

Incapables de nous décider, nous lui demandons un deuxième tour de visite des appartements 2 et 3, qui ne nous laisse pas plus avancés et décidons de prendre un jour de réflexion (comme disait Fanshinka).

Nous rentrons profiter de la soirée à la maison, avant le premier jour de Daniel, demain et nous retrouvons avec un problème : nous avons bien un cadeau pour Okada-sensei, le directeur du laboratoire qui accueille Daniel, mais rien pour l'emballer et, autant sur les petits cadeaux que nous avons offert jusqu'ici, ce n'était pas grave, autant là, ça craint! L'emballage ici est partie intégrante du cadeau. Je propose donc de sacrifier le furoshiki que j'ai acheté quelques jours plus tôt à Hikone. Le quoi? Furoshiki. C'est un morceau de tissu traditionnel japonais utilisé pour emballer tout et n'importe quoi, du cadeau aux bentos (lunchbox) qu'on emmène pour le déjeuner, et jusqu'aux courses qu'on fait au marché (qui sont de toute façon pré-ensachées, j'en reparlerais...).

Un petit cours vidéo sur youtube et tadaaaaa, voilà ma première bouteille emballée à la japonaise!

Bon, en vrai ça m'a pris une petite dizaine de tentatives pour faire tenir le nœud du haut en équilibre sur le bouchon et réussir à bien arranger les plis et les nœuds.