lundi 8 mai 2017

A la recherche de l'appartement parfait - Les visites! - partie 2

Samedi 5 Novembre

Kakei nous a donné rendez-vous à Umegaoka pour le deuxième round de visite.

La gare est très sympa, et pour y aller, nous avons pris le chemin des écoliers, passant par une petite promenade piétonne et arborée, qui sinue entre des blocs d'immeubles bas, comme avant elle le petit cours d'eau qu'elle recouvre.

Le tout premier appartement nous déçoit immédiatement : en rez-de-chaussée (first floor comme on dit ici), ses fenêtres donnent directement sur la rue, il est sombre et même la présence d'une pièce à tatami ne nous convainc pas d'y rester plus que quelques minutes. Le deuxième est de nouveau une maison, qui comme la première est extrêmement proche de ses voisines et, si les pièces sont plutôt sympas bien que la chambre qu'on se destine soit un peu sombre, la proximité de la voie de chemin de fer achève de nous démoraliser. Avec mon sommeil léger et les perspectives de continuer mon travail de freelance depuis chez nous, entendre toutes les quelques minutes le bipbip du passage à niveau à l'ancienne qui se ferme, ça ne va pas être possible.

On commence à se dire que ce second round de visite n'était peut-être pas une si bonne idée. Je n'avais pas fait attention, mais nous sommes en fait situés juste de l'autre côté du parc que nous avons traversé la dernière fois, avec ses pentes plantées de pruniers et de cerisiers. Nous suivons donc Kakei vers le même coin de quartier où il nous avait fait visiter les premiers appartements.

Et le dernier est le bon! C'est le coup de cœur immédiat.
Situé en bout de couloir, et donc avec un mur non mitoyen, il est situé au deuxième et dernier étage d'un petit immeuble d'une trentaine d'années. Entièrement refait à neuf après le départ de l'ancien locataire, il a une grande cuisine-salle à manger et deux pièces jumelles orientées sud. Donc plein de lumière dans la chambre et le salon, et sur le petit balconnet qui court le long des deux. Des fenêtres, on donne sur quelques arbres, les arrières du bloc d'à côté. Une petite salle de bain, toilettes séparés. Propre et fonctionnel. D'immenses placards à futons dans les deux pièces, un tas de tiroirs et placards dans le bloc cuisine. Pas un bruit.

Dehors, la vue depuis l'étage, le petit placard de la zone où on se déchausse, les toilettes japonais, la salle de bain et la pièce de droite et son grand placard à futons
Pièce de gauche avec son grand placard elle aussi, vue depuis la fenêtre et le balcon, vue sur les pièces prise depuis l'entrée et la cuisine très bien équipée.
 C'est décidé! On arrête tout avec l'autre et on lance la procédure pour celui-là Il manque juste un bloc de climatisation dans la pièce de droite, dont j'aimerais faire la chambre, ce qui pousse Daniel à insister pour qu'on choisisse plutôt la pièce de gauche, mais on demande à Kakei d'essayer d'intercéder en notre faveur auprès du propriétaire.

De toute façon, on verra bien ça quand on aura les meubles! Car tout est à trouver. A part le bloc douche/bain et la plaque à gaz combinée four-à-poissons encastrée dans l'ensemble de meubles de cuisine, les lieux sont entièrement vides.

On est RA-VIS! Alors que Kakei repart pour commencer les démarches, nous allons manger du côté de shimo-kitazawa, qui n'est qu'à une quinzaine de minutes de marche. Décidément, on aime vraiment beaucoup ce quartier! On craque pour un burger dans une sorte de diner à l'américaine mais en sous-sol, puis un matcha latte dans un tout petit café installé dans un container, et nous profitons de notre après-midi pour aller nous balader dans Asakusa, à l'Est de Tokyo. Mais ça, c'est pour le prochain post!


 
pratique ce comptoir...

vendredi 14 avril 2017

Apprivoiser la ville

Mardi 1er-Vendredi 4 Novembre

Première petite semaine dans notre chez nous temporaire, et premiers jours depuis juin que nous ne sommes plus ensemble 24h/7 avec Daniel (à part quelques jours fin juillet), qui a repris le chemin du laboratoire et goûte aux joies du commuting tokyoïte.

Je flâne un peu dans le quartier, je complète les courses. J'apprivoise le parc tout proche et sa mare, et les rudiments de la cuisine en milieu hostile (comprendre : où on ne reconnait aucun ingrédient dans les magasins).
 





Je découvre assez rapidement qu'il y a deux petites supérettes qui vendent du bio près de chez nous, et comment trouver une lessive qui ne soit pas trop catastrophique pour l'environnement.
Internet est mon meilleur ami, et je passe beaucoup de temps sur des sites à regarder les listes de vocabulaire liés à la nourriture, ou à consulter des tutoriels sur comment se dépatouiller de plein de choses de la vie quotidienne qui ne paraissent tout d'un coup plus si évidentes. Mon site préféré devient surviving in Japan.


Dès le mardi soir, Daniel est revenu avec ses trois premiers mois de paye + l'indemnité d'installation prévue dans son contrat avec la JSPS (Japan Society for the Promotion of Science), en cash. Soit, plus de 10 000€, en coupures de 10 000yens... Ici, presque tout se fait en cash et de toute façon, nous n'avons pas encore de compte en banque local, mais il faut bien qu'on finance notre premier mois de vie sédentaire plus la location de l'appartement qu'on décidera de choisir.



Après moultes hésitations, on a décidé de lancer la procédure pour le deuxième appart, le plus petit avec la cuisine américaine, en demandant en parallèle à Kakei de bien vouloir nous organiser un deuxième round de visites sur d'autres appartements. C'est programmé pour samedi qui vient.

Nous avons également récupéré nos valises, que Yuko nous a ramenées par surprise au restaurant d'okonomiyaki où nous lui avions donné rendez-vous. Nous sommes touchés de la gentillesse et de la puissance de ce petit bout de femme qui s'est descendu nos deux grosses valises de plus de 20 kilos chacune et les a trainées sur près d'un kilomètre plutôt que de nous faire remonter les chercher chez elle. Les okonomiyaki étaient délicieuses, les serveurs manifestement ravis de nous avoir dans leur restaurant, et il ne nous restait plus qu'à rentrer "chez nous" pour nous y installer un peu plus à notre aise. Avec un peu de livres, des vêtements, quelques bricoles, l'appartement est moins sinistre, il commence à ressembler à "la maison". Même s'il est toujours sombre et froid.

Le jeudi étant férié (petite semaine pour une première : 3 jours de travail, mais c'est bien assez pour se remettre dans le bain), le collègue français de Daniel lui a proposé de se joindre à lui et au directeur français du labo pour une petite randonnée à Jimba, à 1h30 de Tokyo centre. En tant que +1, je suis également conviée. Le temps est magnifique, la randonnée pas trop difficile malgré le fait que Zac et Jean-François sont manifestement bien plus entrainés que nous, et la vue depuis là haut est magnifique.  Derrière plusieurs niveaux de collines, on aperçoit même le Fuji! Descente dans les champs de thé, une petite pause au soleil, on achète au passage un pochon de thé vert sur un petit étal au bord du chemin, douceur de l'automne qui s'approche.






Vendredi, je rejoins Jean-François, Zacharie, Daniel et les deux autres français du laboratoire NextPV, Amaury et Samy, pour un petit apéro dans le coin de Shimokitazawa, à une quinzaine de minutes de marche de leur campus. J'en profite pour me balader toute l'après-midi dans ce quartier hyper vivant, blindé de petits restaurants, de mini-bars, d'innombrables coiffeurs et de boutiques de fringues vintage. C'est coloré de partout, il y a des bars jusqu'au 5ème étage des immeubles, tout ça vous a une atmosphère bohème très sympa. Après une bière au playground, un espace sous le pont de la voie ferré meublé comme une aire de jeu pour enfants, les garçons rentrent qui chez lui, qui à l'entrainement de kick-boxing, nous laissant avec Jean-François dont c'est la dernière soirée en ville avant de rentrer en France pour quelques mois.

On dîne rapidement, de brochettes dans une minuscule gargote de rue toute proche de la station, dont le cuistot est manifestement un homme de main des yakuzas, couvert de tatouages de gangs (corde de pendu, dés, épée...). Mais il a tous ses doigts!

On se balade ensuite dans les rues que j'ai exploré cet après-midi et on jette notre dévolu sur un bar que j'avais repéré depuis la rue, un de ces fameux bars du 5e étage. Celui-ci a eu la bonne idée de pendre une guirlande lumineuse colorée le long de sa fenêtre, et c'est ce qui me l'avait fait remarqué.
Le TomBoy, comme son nom ne l'indique pas, est une sorte de bar hippie néo-babacool (la guirlande aurait du nous mettre la puce à l'oreille) avec une déco de bois flotté, une petite table en mezzanine, un portrait de Bob Marley sculpté dans une paire de tongs... C'est quasi vide quand nous y sommes, mais une photo glanée sur leur page facebook montre que c'est loin d'être toujours le cas.


Comme le veut la tradition, une fois Jean-François en route vers son aéroport, nous complétons notre maigre dîner de brochettes dans un ramen shop où on commande son plat à un distributeur qui nous crache un ticket à échanger auprès du serveur. C'est aussi l'occasion d'éponger notre verre d'alcool de patate (mais à la cannelle), avant de rentrer à Gakugei-Daigaku.

jeudi 6 avril 2017

A la recherche de l'appartement parfait - Les visites! - partie 1

Le 31 Octobre

Comme convenu lors de notre rendez-vous de vendredi, nous retrouvons aujourd'hui notre agent immobilier pour un premier tour de visites à Higashi-Matsubara, sur la Inokashira Line, dans le quartier Setagaya, à un petit quart d'heure de métro à l'Ouest de Shibuya.

Si proche du cœur de ville, le quartier nous étonne par son voisinage très calme, avec des maisons et immeubles bas, très résidentiel, sans aucune grandes tours. Kakei a manifestement bien compris nos demandes.

Le premier appartement qu'on visite, dont les plans nous avaient tellement plu (surtout qu'il a une pièce japonaise avec des tatamis!), nous semble immédiatement trop grand. Pourtant il ne fait "que" 57m2, mais pour nous qui sommes habitués à tout petit, il semble gigantesque et surtout disproportionné pour le temps que nous allons passer ici. Il est hyper clean et on pourrait se le permettre au niveau financier, mais on préfère envisager des options moins chères.

Les deux suivants se situent à quelques centaines de mètres de là, proche d'un parc qui promet d'être très fleuri au printemps. Le deuxième est plutôt chouette, lumineux, donnant sur une l'arrière d'un bâtiment de sport et une cour qui a l'air calme avec un grand arbre. La chambre est dans le coin de l'immeuble et au dernier étage, donc sans voisins directs. Cuisine à l'américaine, parquet, très propre, mais manquant vraiment de rangements et la seconde chambre, qui sera une chambre d'ami et un bureau, est un peu trop petite pour y mettre des futons et des rangements.

Admirez la mosaïque de photos que j'ai mis plusieurs heures à pondre ><
(je veux prendre des cours de mise en page...)



 Le suivant est beaucoup plus vieux, tout en longueur et avec l'entrée donnant directement sur la cuisine, mais il est extrêmement lumineux, avec des fenêtres sur trois côtés et possède d'immenses rangements. Les deux chambres, de la même taille, communiquent entre elles par des portes coulissantes, ce qui fait qu'en l'absence de visiteurs, la chambre d'amis/bureau pourra être une extension de notre chambre!

En revanche la vue est vraiment moche : on donne sur l'arrière des maisons voisines, très proches, et dont on doit entendre la vie nocturne. L'ensemble donne une impression un peu poussiéreuse. Il est aussi 10m2 plus grand que le précédent, mais du fait de sa configuration, ça nous fait surtout un immense salon dont on ne sait pas trop quoi faire, vu que les fenêtres y sont dépolies et qu'on ne reste pas suffisamment longtemps pour avoir envie de le meubler de façon vraiment chouette. Mais peut-être qu'avec des meubles chinés, des lumières, et puis des plantes grimpantes sur le balconnet pour cacher les voisins..?

Ci-dessous, la mosaïque de photos, réalisée beaucoup plus rapidement que la précédente!
 


 Les deux ont leurs qualités, mais aussi leurs défauts : à l'un la vue moche et l'air vieillot, à l'autre l'absence de rangements qui risque de le rendre trop petit et la moindre luminosité. Nous voilà bien embêtés. Peut-être que le dernier nous décidera?

Et le dernier... est une dernière! Comme j'avais mentionné que le rêve absolu serait une petite maison, Kakei nous en a trouvé une! On prend le métro de nouveau, pour arriver dans un autre voisinage très sympa. On marche, on marche, on marche... Daniel et moi on commence à se regarder en se disant "Bon, va falloir qu'on arrive là". On marche, on marche... C'est officiellement trop loin. Mais si jamais c'est génial??

Ça ne l'est pas. C'est une maison, clairement, mais pas une maison comme je me l'étais imaginée. Elle est très moderne d'abord, plutôt sombre et complètement serrée contre les autres baraques, sans aucun dégagement de vue. Un seul avantage, elle a un bow-window dans une des chambres. Bon, mais ça ne va pas suffire à emporter notre adhésion. Pour ne pas donner l'impression à notre agent immobilier qu'il l'a cherchée pour rien, Daniel et moi prenons tout de même le temps de tout bien regarder et de noter les points positifs, mais le cœur n'y est pas.

De même les photos. On sent un peu mon manque d'enthousiasme ;)

La cuisine possède également un attribut qui nous laisse tout étonnés. Ça ressemble à une cave à bière ou quelque chose comme ça, mais Kakei nous assure que c'est juste un placard supplémentaire, dans lequel les gens stockent parfois des affaires d'hiver. Dans le sol. De la cuisine... Hu?


Nous déjeunons ensuite avec Kakei dans une sobaya, ces restaurants de nouilles de sarrasin qui nous sont encore difficiles d'accès car le menu y est écrit à la main, intégralement en japonais. Nous en profitons pour lui offrir les petits cadeaux que nous avons ramené pour lui : un kouignaman, pour le beurre bien de chez nous, et des petites friandises achetées lors de notre passage à Hikone, comme symbole de notre voyage. On en profite pour discuter un peu plus et dériver des appartements vers nos activités favorites.

Incapables de nous décider, nous lui demandons un deuxième tour de visite des appartements 2 et 3, qui ne nous laisse pas plus avancés et décidons de prendre un jour de réflexion (comme disait Fanshinka).

Nous rentrons profiter de la soirée à la maison, avant le premier jour de Daniel, demain et nous retrouvons avec un problème : nous avons bien un cadeau pour Okada-sensei, le directeur du laboratoire qui accueille Daniel, mais rien pour l'emballer et, autant sur les petits cadeaux que nous avons offert jusqu'ici, ce n'était pas grave, autant là, ça craint! L'emballage ici est partie intégrante du cadeau. Je propose donc de sacrifier le furoshiki que j'ai acheté quelques jours plus tôt à Hikone. Le quoi? Furoshiki. C'est un morceau de tissu traditionnel japonais utilisé pour emballer tout et n'importe quoi, du cadeau aux bentos (lunchbox) qu'on emmène pour le déjeuner, et jusqu'aux courses qu'on fait au marché (qui sont de toute façon pré-ensachées, j'en reparlerais...).

Un petit cours vidéo sur youtube et tadaaaaa, voilà ma première bouteille emballée à la japonaise!

Bon, en vrai ça m'a pris une petite dizaine de tentatives pour faire tenir le nœud du haut en équilibre sur le bouchon et réussir à bien arranger les plis et les nœuds.

samedi 1 avril 2017

Arrivée dans notre chez nous temporaire

Samedi 29 - Dimanche 30 Octobre

Réveil un peu tôt car des amis de nos hôtes doivent débarquer bientôt pour un weekend de tennis en famille.

Chouette petit déjeuner avec les Tomomura. Ceux-ci nous offrent comme cadeau pour notre entrée dans notre premier logement japonais, dans quelques heures, les baguettes qu'ils nous avaient prêtées aux différents repas et les jolis porte-baguettes associés, en forme de feuilles. Très touchés, nous remercions avec effusion. Je m'inquiète un peu aussi de leur très grande écoute. Ce matin, alors que je soufflais sur ma tasse de thé qui était très chaude, Yuri me l'a prise des mains pour la transvaser dans une autre, faisant ainsi baisser la température. J'espère qu'ils ne se sont pas sentis obligés de nous offrir les porte-baguettes parce que je m'étais poliment extasiée dessus, testant mes quelques mots d'enthousiasme japonais "kireiiiii ne? (elles sont jolies, n'est ce pas?)". J'essaye du coup de moins laisser paraitre mes pensées.


Une dernière photo avec toute la famille, puis encore une toute dernière sur le perron avec les enfants, et nous partons en voiture pour la gare.

Juste avant d'y arriver, je me rend compte que nous avons, encore, oublié nos parapluies. Demi-tour sur l'aile, car nous avons encore le temps, on attrape les parapluies au vol et les Tomomura nous jettent à la station de métro, avec la promesse que nous les inviterons très bientôt dans notre chez nous.

Le train nous amène directement à Gakugei-daigaku, notre station pour le prochain mois.
Nous avons choisi de louer un Airbnb ici pour un mois, car ce n'est pas trop loin du travail de Daniel, assez excentré pour ne pas me faire me sentir enfermée, près d'un petit parc, relativement grand et joli bien qu'un peu trop occidentalisé (d'après les photos de l'annonce) et que les vues Google Maps donnent l'impression d'un voisinage bas, résidentiel, sans grandes tours...

Grâce aux indications de notre hôte, nous trouvons rapidement l'appartement, qui est à une petite dizaine de minutes à pied de la station.
Première déception, le parc est en fait une mare (aux canards, comme on le verra plus tard), entourée d'un anneau d'arbres malingres.
Deuxième déception, c'est au rez de chaussée, appelé 1st floor par les japonais, ce qui nous a "enduits d'erreur".
Troisième déception, à peine la porte ouverte, c'est très sombre alors qu'il est à peine 10h du matin, franchement vieillot (une fenêtre a été remplacée par du carton), assez pauvrement pourvu en termes d'ustensiles, et le ménage n'a pas été bien fait.

Dur dur. C'est un peu le coup de déprime de s'imaginer rester là un mois, d'autant que nos affaires sont encore chez Yuko, l'amie de Mika, et que l'appartement fait très vide. Mais nous n'en sommes pas à notre premier Airbnb dont les photos nous avaient enthousiasmées et dont, malgré un premier abord déprimant, nous avons tiré le meilleur parti.

Il fait hyper froid aussi, alors on a lancé le radiateur/grill à kebab
Pour comparaison, les photos tirées de l'annonce






Clairement, ce n'est pas lumineux comme ça. Énorme arnaque lumière ><
 On se pose un peu, puis on repart en mission courses, pour découvrir les environs et avoir les basiques pour cuisiner, puisqu'ils ne sont pas fournis (sel, huile, épluche-légumes...).

Après le déjeuner, on épluche la liste de course pour essayer de retrouver les kanjis et hiraganas qui correspondent à chacun de nos achats, ce qui nous prend une bonne part de l'après-midi.

Soirée au calme, et dodo tôt, en empilant les couettes.

Le dimanche, nous retrouvons Jean-François, le directeur de post-doctorat de Daniel, qui nous a donné rendez-vous dans le parc Koishikawa Korakuen, l'un de ses préférés. C'est effectivement, juste à côté de l'immense stade Tokyo dôme et du parc d'attraction voisin, un petit bijou de parc paysager japonais, qui recrée en miniature différents éléments de paysage. De temps en temps, on voit passer un wagonnet de montagnes russes (les 7e plus hautes du monde) par dessus les frondaisons, et les hurlements de ses passagers percent brièvement la quiétude du parc.

Jean-François nous emmène ensuite dans son ancien quartier, le quartier français, aux tours rutilantes de lumières. Il est le premier à nous indiquer que Tokyo est une ville verticale. Et effectivement, dans les étages, salons de coiffure, restaurants et bars se disputent l'espace d'affichage. On se pose pour boire et verre et grignoter un apéritif au Yebisu Bar, avant de rejoindre Marion et Amael pour le diner, des copains parisiens du milieu du folk, au Japon pour quelques semaines, et qui sont à Tokyo pour quelques jours. Après avoir un peu tourné entre Shinjuku et Shibuya, d'autant que nous sommes 6 avec la sœur de Marion et son copain, nous trouvons finalement une sorte d'izakaya où on sert plein de plats bizarres, dont des sashimis de cheval juste saisis à la poêle.

lundi 20 mars 2017

A la recherche de l'appartement parfait - les explications

Le 28 Octobre

Pleins de motivation, et pressés de trouver notre chez nous définitif, nous avons donné rendez-vous dès le vendredi après-midi à Kakei Lin, un ami d'ami de Mika (encore!) qui se trouve être agent immobilier.
Nous nous retrouvons donc du côté de Shibuya, tout à fait trempés par le démarrage brutal de la pluie durant notre balade depuis Harajuku, malgré les parapluies transparents (on ressemble à des méduses) qu'on a finit par acheter tellement les K'way et petit parapluie ne suffisaient plus.

Nous avons rendez-vous devant la statue d'Hachiko, ce chien devenu célèbre pour avoir continué pendant près de 10 ans, jusqu'à sa mort, à venir attendre son maître à la station Shibuya, après que celui-ci ait été atteint d'une hémorragie cérébrale et ne soit jamais revenu. Entré dans la culture japonaise comme symbole de loyauté et fidélité de son vivant, il a été statufié après sa mort et est maintenant un point de rendez-vous connu de tous, notamment des amoureux.

Kakei nous repère et nous dirige vers le café de Loft, magasin de design japonais à l'entrée duquel on est prié de glisser son parapluie mouillé dans une chaussette en plastique jetable, histoire de pas mouiller le sol quand même. Ce pays est une catastrophe d'un point de vue écologique, et notamment plastique... mais j'y reviendrai.

Comme Daniel avait déjà communiqué avec lui par mail sur nos desideratas et budget, Kakei est venu avec une première sélection de 4 appartements, et nous explique le fonctionnement de la location au Japon. Accrochez-vous, ça va devenir technique.
Le propriétaire est ici en droit de demander, en plus du premier loyer et de la caution (qui n'est souvent que partiellement rendue car utilisée pour remettre l'appartement au propre pour le locataire suivant), un, voire deux mois de loyer supplémentaire, appelé "Key money" et qui est dans les faits un cadeau pour le remercier de bien vouloir louer. Sur une location d'1 an, ça augmente donc le loyer d'1 ou 2/12e, sans qu'il soit possible d'y faire quelque chose. En plus de ça, le propriétaire peut demander à ce qu'on ait recours, plutôt qu'à un garant individuel, à une compagnie privée de garantie. Pour le service qui consiste à payer à notre place si on est en défaut de paiement puis à nous poursuivre pour qu'on les rembourse, celle-ci prend entre 1/2 et 2 mois de garantie. On est donc à loyer + entre 1,5/12 et 1/3. Ce qui peut donc modifier grandement le prix à l'arrivée, comme on le constate en faisant rapidement les calculs sur les exemples qu'il nous a apportés.

Après avoir repris rapidement notre budget maximum et nos envies (un quartier sans grande tour, à proximité de l'université de Daniel, deux chambres si possible...), notre agent nous propose donc une première série de visite pour lundi matin. Dans 2 jours et demi donc. Efficacité! Il nous laisse pour aller passer les premiers coups de fil de sa chasse.

On fait ensuite un rapide tour chez Loft et un semblant de balade dans le quartier, durant laquelle on achète deux livres de Kanjis, dont un de vocabulaire qu'on trouve super pratique puisque les traductions sont écrites en rouge et une feuille de plastique de même couleur permet de les cacher lorsqu'on s'auto-évalue.

Rapidement, nous nous posons au chaud parce que j'ai les pieds trempés (je vais devoir faire recoudre mes chaussures, une nouvelle aventure à raconter...) avant de rentrer chez les Tomomura pour la seconde soirée.

Celle-ci est très chouette de nouveau, jeu avec les enfants et dégustation d'un nabe (un plat unique dans une cocotte en céramique) savoureux, qui mélange légumes, champignons, poisson et boulettes de viande. Yuri, à qui nous montrons nos achats de la journée, s'amuse de notre enthousiasme pour le filtre rouge du livre de vocabulaire, car le procédé est apparemment parfaitement courant ici!

mercredi 15 mars 2017

A la découverte de Tokyo - premier jour

Vendredi 28 Octobre

Petit déjeuner européano-japonais après le départ des enfants pour l'école, puis Yuri nous dépose à la gare, direction Yoyogi. Et plus précisément le parc de Yoyogi.

Cette partie de la ville est en fait constituée de deux parties qui ne communiquent pas :
- le Yoyogi Koen, le parc proprement dit, un espace de 54 hectares en plein cœur de tokyo, que nous ne verrons pas ce jour là, où citadins et touristes viennent profiter d'un coin de nature à deux pas de la folie de Shibuya, Shinjuku et Harajuku,
- le Meiji Jingu shrine, 70 hectares plantés de plus de 120 000 arbres et sanctuarisés pour honorer l'esprit déifié de l'empereur Meiji et de son épouse.

C'est dans cette deuxième partie que nous nous enfonçons, dans ce qui est une véritable forêt d'où le bruit de la ville est complètement absent, vers le temple blotti au creux de ce sanctuaire. La foule est dense autour de la place et nous nous ébahissons des offrandes disposées sur les côtés du bâtiment où l'esprit de l'empereur et de l'impératrice sont censés être conservés.

Une des nombreuses estrades d'offrandes
Devant le temple proprement dit, deux arbres gigantesques, unis par une corde de paille de riz, symbolisent le bonheur conjugal.

A J+ 1 mois et 1 jour, nous trouvons l'occasion trop jolie pour ne pas demander à des touristes qui passent par là de nous photographier devant.


Ils sont justement français, vivent ici depuis 5 ans sans aucune envie de retour au pays et, alors que nous leur expliquons que nous arrivons tout juste et allons commencer à chercher un logement, nous proposent très gentiment de nous envoyer les coordonnées de leur agent immobilier, insistant sur l'importance d'être bien accompagnés dans la recherche d'appartement.

Un peu sonnés par le retour sur Tokyo, on ne prend finalement que peu de photos mais, alors qu'on se dirige vers la sortie du côté d'Harajuku, on ne peut s'empêcher de documenter l'impressionnante collection de Saké et de vins de Bourgogne dédiée à l'empereur!



Le portail de l'entrée principale, imposant, vient clôre cette promenade comme suspendue à l'extérieur de la folie de la ville.


Autant dire que la plongée dans Harajuku, juste à côté, est décoiffante.
Temple d'une mode criarde et acidulée, la rue piétonne Takeshita dori, dans laquelle nous nous engouffrons, fourmille de passants. Des deux côtés et souvent sur plusieurs étages, y compris en sous-sols, des dizaines de micro-magasins vendent des collants à imprimés et des bas résilles de toutes les couleurs, des fringues gothiques ou de cosplay, des combinaisons-pyjamas lapins, des t-shirts bariolés à message humoristique... Sur le coup, je ne pense pas à prendre de photo et je vous en partage donc une empruntée à un autre blog.

copyright http://blog.japantwo.com

C'est aussi censé être l'endroit de la ville où on rencontre le plus de jeunes tokyoïtes en rupture avec le carcan sociétal, arborant des looks décalés, fluos voir franchement provocateurs mais, jour de semaine oblige ou hasard du timing, ce ne sera pas pour cette fois.

Daniel en profite pour me faire entrer dans mon premier hyaku yen shop, les magasins à 100yens (moins d'un euro), où on trouve de tout, des bols en céramique à la nourriture, en passant par tout un tas de produits cosmétiques ou de fournitures scolaires, de bureau ou de fête. Là aussi, il faut se faufiler entre les gens pour naviguer entre les rayons, et cela s'étend sur 3 ou 4 étages.

Nous avons rendez-vous à Shibuya dans l'après-midi et décidons donc d'y aller à pied, en passant par les petites rues d'Harajuku et autour d'Omote-sando. On découvre au passage le côté super bourgeois de cette partie de la ville, avec ses magasins de fringues hyper branchés, et touchons du doigt le prix de la vie au Japon en jetant un œil à des chaussures d'une marque éthique qu'on aime bien, Think!, mais qui coûte ici près de deux fois le prix français, déjà très élevé! Bien bien bien, ce n'est pas ici qu'on s’achètera des chaussures. De toute façon, comme je le constaterais bien plus tard, ils n'ont pas ma pointure.

Déjeuner rapide et bon dans un restaurant de gyozas où on tente la commande en japonais, assez peu aidés par un personnel antipathique, puis on continue notre route vers Shibuya.

La suite de cette journée, dans le post suivant!

dimanche 12 mars 2017

Arrivée sur Tokyo

 Jeudi 27 Octobre

Réveil, on règle le ryokan.
Le propriétaire propose de nous déposer à la gare et on lui offre un petit pot de crème de caramel au beurre salé (oui, j'ai fait breton pour les petits cadeaux). On essaye pendant le trajet de lui raconter nos aventures de la veille, avec un succès mitigé.

Arrivés à la gare, il n'y a plus de places côte à côte dans le prochain train, à part dans le wagon fumeur (oui, ça existe ici). On les prend donc mais on arrivera à se trouver deux places dans les wagons de sièges non-réservés, ce qui nous évite de faire le trajet soit debout, soit assis dans la fumée.

Comme on ne sait pas exactement par où passe le train, on espère apercevoir le Mont Fuji, sans être sûrs. Et effectivement, on passe près de son pied, qui est la seule partie que nous verrons, le haut étant noyé sous les nuages. Une prochaine fois peut-être Fuji-san!

L'arrivée sur Tokyo même n'est pas toute simple : durant près d'une heure, le train passe entre les grands immeubles d'une banlieue qui n'en finit pas d'être moche. Je me vois déjà coincée au 60ème étage d'une tour donnant sur d'autres clapiers et, si j'essaye bravement de sourire, Daniel n'est pas dupe des larmes qui sont toutes proches de me monter aux yeux.

Nous n'avons rendez-vous qu'en fin d'après-midi avec nos hôtes de ce soir, des amis de Tatsu et Mika qui ont deux enfants, parlent un peu anglais et sont très enthousiastes à l'idée de nous héberger. Nous avons donc décidé de nous balader un peu dans la ville, après avoir laissé nos sacs à une des grandes gares au bout de la ligne de métro qui nous conduira chez les Tomomura.

C'est déjà une petite aventure de trouver, dans la grande gare d'Ikebukuro, un casier suffisamment grand pour y faire rentrer nos sacs de rando, boursouflés par 3 semaines de voyage, des vêtements mal pliés et quelques bricoles ajoutés au fil des visites.


Le choix du lieu de premier contact avec Tokyo n'est peut-être pas idéal... Ikebukuro est l'un des trois grands centres de la métropoles. Grandes tours bardées de publicités plus criardes les unes que les autres (au sens propre, ici, les écrans publicitaires sont parlants), foultitude de personnes, le décalage avec les jours précédents est total.

Dans les entrailles de "Sunshine City", autrefois le grand magasin le plus vaste du monde, on assiste à une scène surréaliste : un groupe de K-pop coréenne (sorte de boys band) est venu ici sortir son premier single en japonais.


 Des centaines de personnes, des femmes principalement, sont agglutinées sur les 3 étages qui donnent sur l'esplanade où ils se produisent et hurlent (moyennement) en rythme les paroles des chansons. Je n'ai encore jamais entendu une telle stridence chez des adultes. Dont certaines ont plutôt la quarantaine que moitié moins! En bas, sur l'estrade, des minets insipides et bien coiffés s'agitent au rythme d'une bouillie prémixée et vaguement pop qui parle, évidemment, d'amour.
Le titre de l'album? "You=heaven".
Je ne résiste pas à vous mettre une vidéo prise durant ce grand moment.



Elle n'est pas de nous. Nous, nous fuyons.

Et nous réfugions dans un jardin botanique et le petit temple attenant, preuve, qui se répètera par la suite, que même au milieu de la folie, il existe dans cette ville des îlots de calme. Certes, dans le cas des photos ci-dessous, l'îlot est un cimetière. Mais pour être calme, c'est calme!

Des îlots de calme desquels on voit la ville quand même
Dont on la voit très bien même...

Un petit coup de métro, et on est accueillis comme des princes à Hôya par Yuri, Kosuke et Mairo, qui nous ont même fait une pancarte de bienvenue!
 


On passe une excellente soirée à jouer avec les petits, qui sont déchainés, et à manger des sushis.

Plus tard, au moment de leur coucher, Shinya, leur père, rentre enfin du travail. Il doit être 21h30. Il tombe rapidement le costard, uniforme obligatoire du salaryman, et, une fois les enfants couchés, nous avons une chouette discussion sur les voyages dans nos trois mots de japonais et leur mauvais anglais.